Renault SA est-elle prise au piège en Russie? AvtoVAZ, son allié sur ce marché émergent -il détient 25% du capital- est en grave difficulté.

Il a creusé ses pertes sur les premiers six mois de l'année, à 19,5 milliards de roubles (659 millions d'euros), et ses ventes ont chuté de 46% sur la période, à 53,1 milliards de roubles. Dans le même temps, le constructeur doit rembourser au 30 juin prochain 58,2 milliards de roubles de dettes à court terme (1,33 milliard d'euros).

L'Etat russe a promis de venir en aide à AvtoVAZ. D'abord pour restructurer sa dette de court terme. Ensuite pour lui racheter, via la banque publique de développement Vnesheconombank, 401 milliards d'obligations.

Participation diluée

Mais le gouvernement ne veut pas être le seul à mettre la main au portefeuille. Il exige que Renault SA participe au redressement d'AvtoVAZ, sans quoi sa participation sera diluée lors d'une prochaine augmentation de capital. Moscou a donc mis, début octobre, les deux constructeurs au pied du mur. Combien sont-ils prêt à investir pour conserver leur place sur le marché russe? Telle est la question posée.

Le Français et son allié Nissan, pas au mieux de leur forme après un an de crise aigue du marché automobile, ne veulent manifestement pas injecter plus de cash dans leur partenaire russe. L'aide sera donc technique, a annoncé Renault SA. La marque au losange développera avec AvtoVAZ une voiture à partir de la plateforme de la Logan. Une solution qui revient à un transfert de technologie, souligne le constructeur.

Des négociations sont en cours avec le gouvernement russe afin de déterminer quelle sera l'ampleur de ces transferts et la valeur qu'il est possible de leur attribuer, afin de déterminer si, oui ou non, l'Alliance sera diluée au capital.

Renault-Nissan semble avoir donc trouvé une parade pour se sortir du bourbier russe. Leur investissement technologique suffira-t-il à satisfaire Moscou?

Risque de 450 millions d'euros

En cas d'échec, le risque d'y laisser des plumes existe, mais n'inquiète pas terriblement les investisseurs. "AvtoVAZ représente 300 millions d'euros de valeur d'inventaire dans les comptes de Renault SA, à quoi il faut ajouter 150 millions de créances", relève Gaëtan Toulemonde, analyste chez Deutsche Bank. "Donc, dans le pire des cas, cette somme de 450 millions d'euros sera passée par pertes et profits", ajoute-t-il.

La prise de participation de 25% de Renault-Nissan dans le capital du russe avait coûté 1 milliard de dollars (près de 670 millions d'euros).