Le Congrès des maires de France qui se déroule du 17 au 19 novembre Porte de Versailles à Paris constitue un nouveau risque d'opposition pour le gouvernement qui a lancé deux réformes majeures pour les collectivités et dans un contexte électoral proche.

Après le débat complexe sur la réforme de la taxe professionnelle qui devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2010, la réforme des collectivités locales suscite déjà nombreuses interrogations avant même son examen par les députés.

Réforme "confuse" pour 3/4 des Français

La bataille sera d'abord celle de la communication. 76% des Français jugent la réforme des collectivités, "confuse et incompréhensible", selon un sondage réalisé par Ipsos Public Affairs pour l'Assemblée des départements de France (ADF) et présentée lundi.

De la même manière, 75% des Français considèrent que la réforme est "plutôt mal expliquée", contre 9% qui répondent quelle est "plutôt bien expliquée".

54% des Français estiment que la réforme est électorale (31% pas d'accord), 51% qu'elle porte atteinte aux territoires ruraux (33% pas d'accord), 49% qu'elle se traduira par une diminution de la qualité des services publics (40% pas d'accord).

Une grande majorité, 82%, se déclarent attachés au département (dont les compétences seront réduites), contre 18% qui n'y sont pas, et 7% ne se prononcent pas.

Le texte sera examiné au sénat en décembre et le texte ne sera voté qu'avant l'été, a indiqué le président de l'Assemblée des départements de France (ADF), Claudy Lebreton (PS).

Fillon envoyé au front

Le Premier ministre François Fillon doit s'y faire l'avocat de la réforme face aux maires très remontés, notamment sur son volet financier avec la disparition de la taxe professionnelle, leur première ressource fiscale.

Le gouvernement et l'opposition ont lancé lundi la bataille de l'opinion pour remporter la course de fond que représente la complexe et controversée réforme territoriale qui vise à simplifier le cadre administratif des collectivités selon les défenseurs du texte.

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a ainsi annoncé la création d'une "task force", composée d'élus de la majorité, pour promouvoir cette réforme sur le terrain.