En 2020, 107 millions de voitures rouleront sur la planète, contre 62 millions en 2010. Pour les constructeurs automobiles, ce marché potentiel représente une opportunité de 60 milliards d'euros de profit.
Mais si l'opportunité est considérable sur le plan financier, il y aura peu d'élus, selon Goldman Sachs. Dans une étude récente, la banque d'affaires estime que Toyota, Volkswagen, Fiat, Hyundai et Honda seront en mesure de tirer leur épingle du jeu. Toyota et VW font déjà partie du peloton de tête de l'industrie automobile mondiale et devraient donc conforter leur leadership. Fiat devrait tirer parti de son rapprochement avec Chrysler, tandis que Hyundai et Honda bénéficieront de leur capacité à produire à bas coût et de leur exposition aux marchés émergents et aux technologies décarbonées.
Emergents
Pour Goldman Sachs, les constructeurs devront être en mesure de s'adapter à trois tendances de fond. Tout d'abord, les pays émergents ("BRICs") représenteront près de 70% de la croissance du marché automobile mondial au cours des 10 prochaines années.
La Chine deviendra le premier marché automobile au monde d'ici 2020, devant les Etats-Unis, avec 30 millions de véhicules particuliers et utilitaires vendus chaque année. Dans ce domaine, les groupes les plus exposés à cette croissance sont plutôt asiatiques (Hyundai, Honda). Seul VW est bien placé, grâce à ses positions en Chine.
CO2
L'autre défi pour l'industrie est la réduction des gaz à effet de serre (GES). L'automobile représente 10% des émissions mondiales de GES, soit la moitié des émissions attribuées au transport. Selon Goldman Sachs, les constructeurs devraient être en mesure de tenir l'objectif moyen d'une diminution de 17% des GES à l'horizon 2015/2016, grâce à l'amélioration de l'efficacité thermique des moteurs.
A horizon 2020, cependant, il sera difficile pour les constructeurs d'offrir une gamme de véhicule respectant le critère de 95 grammes de CO2 par kilomètre avec seulement des véhicules à moteur thermique, observent les analystes de Groupama Asset Management.
Des voitures plus petites
Mais le plus gros défi restera l'évolution du mix produit des constructeurs vers des véhicules de plus petite taille, donc moins rentables à l'unité. "En supposant que le mix de vente dans chaque BRIC reste stable, la croissance de ces marchés va conduire à une évolution globale de la demande pour des voitures plus petites au cours des 10 prochaines années", explique la banque.
Compte tenu de ces défis, de l'inflation des matières premières, de l'évolution des devises et de la réglementation, Goldman Sachs estime que les constructeurs devront réaliser des économies représentant 200 points de base de marge pour atteindre un objectif de 5%. "Nous pensons que les constructeurs devront réaliser des effets d'échelle significatifs en termes de croissance, de taille et de technologie" pour y parvenir, estime la banque d'affaires.
Parmi les meilleurs candidats à des partenariats, la banque retient les noms de PSA, Fiat et Suzuki. Le français vient justement d'annoncer qu'il étudie un rapprochement capitalistique avec le japonais Mitsubishi Motors qui lui apporterait une plus grande exposition aux marchés émergents ainsi que sa technologie de voiture électrique.


























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