Les mauvaises nouvelles s'enchaînent pour le constucteur japonais. Toyota s'apprête selon la presse japonaise à rappeler 276.000 Prius pour un problème de freins, tandis qu'une plainte en nom collectif a été déposée contre lui aux Etats-Unis.
276.000 rappels
Le journal économique japonais Nikkei indique dans son édition datée de vendredi que le premier constructeur mondial allait finalement devoir rappeler 176.000 véhicules au Japon et environ 100.000 aux Etats-Unis.
Le modèle de la Prius de troisième génération, vendu entre mai et décembre, doit subir un changement de son programme de contrôle de freinage. Une porte-parole de Toyota a reconnu vendredi qu'un rappel était envisagé, mais que "rien n'a encore été décidé".
Le groupe avait avoué jeudi 4 février avoir connaissance depuis l'automne 2009 d'un défaut dans le système de freinage hydraulique de la nouvelle Prius. Le responsable du contrôle de qualité du constructeur, Hiroyuki Yokoyama, a cependant indiqué que "le frein est lent mais si on continue à appuyer sur la pédale, la voiture s'arrête".
Toyota a affirmé que le défaut avait été corrigé en usine en janvier.
Le constructeur a déjà dû rappeler des millions de voitures à travers le monde depuis l'automne pour une pédale d'accélération et un tapis amovible défectueux. Un dysfonctionnement qui pourrait lui coûter jusqu'à 1,4 milliards d'euros.
Enquête
A côté des conséquences financières et médiatiques, Toyota se retrouve aussi au coeur d'une crise juridique. Les autorités américaines ont annoncé avoir ouvert une enquête sur ces problèmes de freins.
L'autorité américaine de sécurité routière, la NHTSA, qui dépend du ministère des Transports, a évoqué des cas "de perte momentanée des capacités de freinage sur des surfaces accidentées, des bosses ou des nids de poule". La NHTSA a précisé avoir reçu 124 signalements de problèmes de la part de consommateurs, "dont quatre ont fait part d'accidents".
Toyota, de son côté, avait annoncé avoir reçu 77 plaintes au Japon concernant la dernière version de la Prius, un véhicule "hybride" (électricité et essence) le plus vendu par la marque au Japon.
Attaques américaines
Le géant nippon fait donc désormais l'objet d'une plainte en nom collectif aux Etats-Unis. Il est accusé d'avoir dissimulé "pendant plusieurs années les problèmes d'accélération involontaires".
Selon deux journaux allemands, le Financial Times Deutschland (FTD) et le magazine économique Wirtschaftswoche, le constructeur était au courant depuis 2007 de problèmes techniques sur la pédale d'accélérateur de certains de ses modèles.
Déposée au nom d'un automobiliste du Colorado, la plainte demande une compensation financière pour tous les résidents de cet Etat de l'ouest des Etats-Unis qui possèdent une des voitures concernées par ces rappels.
Le ministre américain des Transports, Ray LaHood, a appelé de son côté les Américiains à laisser leur Totyota au garafe.
"Si vous possédez un véhicule (ndrl: de la marque) cessez de le conduire, apportez-le chez un concessionnaire pour le faire réparer", a-t-il déclaré mercredi devant le Congrès.
Des propos qui ont suscité la polémique car l'Etat possède 60% de General Motors, le premier constructeur américain, concurrent direct de Toyota.
Maigre consolation pour le japonais: il n'est plus seul dans cette crise sans précédent. Ford a fait part à son tour d'un problème de freins sur ses modèles hybrides Fusion et Milan.





















