Pour la première fois, les ministres européens de l'Industrie ont tenté mardi de dégager une stratégie commune sur la voiture électrique. Tous y voient un moyen de relancer le secteur automobile et une nécessité pour préserver l'environnement, mais chacun y travaillent pour l'instant de son côté.
"La direction du développement des voitures électrique doit venir des institutions communautaires", a plaidé le ministre espagnol de l'Industrie Miguel Sebastian, dont le pays assure la présidence tournante de l'Un ion européenne.
Le rôle de la Commission
"La Commission est l'institution qui doit assumer cette tâche", a-t-il ajouté. L'objectif des pays membres est que Bruxelles présente un plan d'action qui sera ensuite débattu d'ici le mois de mai.
La voiture électrique est présentée dans les Etats membres de l'UE comme la solution pour relancer une filière automobile moribonde et un moyen de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais elle se développe pour l'instant de manière disparate à l'échelle nationale.
Chaque pays essaye d'implanter ces nouveaux véhicules et affiche ses ambitions. La France mise ainsi sur 2 millions de voitures électriques d'ici 2020, contre 1 million pour l'Allemagne.
Aucun standard
Mais les financements sont encore insuffisants et il n'y a pour l'instant aucune standardisation des modèles. Rien ne garantit par exemple au conducteur français d'une voiture électrique de pouvoir la recharger en Italie ou en Belgique.
Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a déclaré à l'AFP avoir souligné l'importance "de lancer un appel à la Commission pour qu'elle arrête rapidement un système de normalisation, de standard" pour les constructeurs européens.
Décision poltique
La présidence espagnole de l'Union européenne avait aussi invité à cette réunion des constructeurs automobiles, comme Renault, des représentants du secteur industriel, tel Siemens, ainsi que du secteur électrique, comme le président du groupe Iberdrola. Ce dernier a renvoyé la balle dans le camp politique.
"Il faut prendre une décision politique pour savoir si nous voulons aller de l'avant ou non. Si la réponse est oui, il faut donner les appuis nécessaires, la coordination nécessaire au niveau européen pour que nous évitions ce qui s'est passé avec les télévisions, lorsque sont apparus les systèmes PAL et Secam, que nous ne comprenions pas", a déclaré Ignacio Sanchez Galan.
Paradoxe environnemental
En début de semaine, l'organisation non gouvernementale Greenpeace a publié un rapport qui met le doigt sur plusieurs paradoxes des véhicules électriques.
L'étude indique notamment que l'objectif de réduction d'émissions de CO2 affiché risquait de ne pas être atteint s'il fallait faire tourner des centrales à charbon pour satisfaire la demande électrique supplémentaire.
En réponse à cette inquiétude, le patron d'Iberdrola a estimé que "les méthodes de génération électrique vont aller en se modifiant", vers de plus en plus d'énergies renouvelables.
















