Année 2008 mitigée pour la SNCF, sur fond de crise économique. Si Le chiffre d'affaires de la compagnie a augmenté de 7%, à 25,18 milliards d'euros, le bénéfice net a accusé une baisse de 48%, à 575 millions d'euros, contre 1,117 milliards d'euros en 2007. Un résultat qui reste élevé, notamment grâce à l'activité de transport de voyageurs qui s'est joué de la crise: sa marge opérationnelle a bondi de 24%, à 1,57 milliard d'euros et son chiffre d'affaire a augmenté de 8%, à 7,469 milliards d'euros.
En revanche, le fret a été touché directement par le ralentissement économique. La perte courante de l'activité fret SNCF, qui semblait pourtant amorcer un redressement en début d'année, s'est creusée à 339 millions d'euros, contre 258 millions en 2007. "L'écroulement de notre activité au dernier trimestre est à la mesure de la baisse de l'activité de nos clients industriels", a expliqué Pierre Blayau, directeur général délégué chargé de l'activité Transports et Logistique.
Les résultats de la compagnie ferroviaire ont aussi été plombés par la dépréciation des actifs de la branche infrastructure à hauteur de 325 millions d'euros. L'activité d'entretien des voies serait par ailleurs structurellement déficitaire, selon la SNCF. "Réseaux Ferrés de France, propriétaire du réseau et qui nous délègue son entretien par contrats, ne nous rémunère pas suffisamment", s'est plaint Pierre Izard, responsable Infrastructure et ingénierie. Il nous faut renégocier les contrats pour en faire une activité rentable, a expliqué en substance Guillaume Pépy, président de la SNCF.
Malgré tout, l'Etat actionnaire se verra allouer un dividende en hausse au titre de l'exercice 2008, à 183 millions d'euros, contre 131 millions d'euros en 2007. Cette nouvelle somme représente en effet 30% du résultat net récurrent, contre 20% en 2007, conformément à un ratio imposé par le gouvernement. Les employés ne seront pas en reste: ils recevront de leur côté une prime de 207 euros au titre du partage des bénéfices.
Les résultats 2009 permettront-ils un tel partage des bénéfices? Pas sûr. L'année s'annonce en effet "inquiétante", selon Guillaume Pépy. Et les premiers chiffres n'incitent pas à l'optimisme. Concernant l'activité voyageur, "l'année a commencé de façon assez molle", a reconnu le président de la compagnie. La SNCF ne voit pas non plus "l'ombre d'un frémissement concernant les réservations pour Pâques et les vacances d'été", a ajouté Mireille Faugère, responsable de l'activité Voyageurs France et Europe.
Pour autant, "la SNCF ne coupera pas ses investissements, participant ainsi au plan de relance de l'économie", a déclaré Guillaume Pépy. Elle compte "poursuivre les investissements à un niveau élevé en 2009". D'après le budget de la compagnie, ils devraient s'élever à 1,969 milliard d'euros. La SNCF a réaffirmé d'autre part les objectifs de son plan stratégique. A savoir atteindre en 2012 un chiffre d'affaires de 36 milliards d'euros, en hausse de 50% par rapport à 2007. Et doubler son bénéfice opérationnel courant à 2 milliards.
Pour cela, la SNCF devra d'abord négocier l'ouverture à la concurrence du marché européen de voyageurs, prévue pour entrer en vigueur le 13 décembre 2009.




















