Le président Barack Obama a signalé jeudi 26 mars qu'il était prêt à mettre plus d'argent pour sauver l'industrie automobile américaine de la faillite, mais a réclamé en retour une restructuration "douloureuse" et "drastique". La pression s'intensifie un peu plus sur les constructeurs américains, General Motors en tête, qui doivent présenter mardi 31 mars leur plan de restructurations. D'ailleurs, depuis la présentation de son plan le 18 février, GM est en train de peaufiner une troisième version comprenant des mesures plus drastiques en termes de réductions de coûts, comme la fermeture d'usines, selon le Financial Times.
Une échéance capitale pour eux. Si Washington vient à décider que les efforts fournis par les constructeurs pour se restructurer ne sont pas suffisants, ils seront amenés à rembourser l'argent déjà prêté. A savoir 9,4 milliards de dollars pour General Motors et 4 milliards de dollars pour Chrysler. Cette option est tout de même peu probable. A court de trésorerie, les groupes seraient bien en peine de rembourser les sommes. Et les conséquences d'une faillite de General Motors, par exemple, ne seraient pas tenable pour l'économie américaine. L'impact social d'un dépôt de bilan est estimé à un million de personnes. Avec un chômage qui a atteint un niveau record aux Etats-Unis, Obama ne peut certainement pas laisser couler GM.
D'ailleurs, Obama a affirmé la "nécessité de préserver l'existence d'une industrie automobile américaine", alors qu'il répondait à des questions du public à la Maison Blanche. "Nous allons les aider", même si "je sais qu'aider les employés de l'automobile ou les constructeurs automobiles, ce n'est pas populaire". En effet, les Américains envisagent avec scepticisme les renflouements, a fortiori s'ils bénéficient à une industrie dont les salariés passent pour jouir d'avantages considérables. Le récent scandale AIG, le géant de l'assurance versant 165 millions de primes à ses salariés alors qu'il est sous perfusion de l'Etat, n'a pas arrangé les choses. Beaucoup sont donc favorables à la mise en faillite pure et simple des constructeurs.
Obama prend un risque mais est prêt à soutenir envers et contre tous le secteur automobile. Selon son porte-parole Robert Gibbs, Barack Obama pourrait annoncer lundi 30 mars, avant son départ pour l'Europe mardi, ses dispositions concernant le géant de l'automobile General Motors et son concurrent Chrysler. Parmi les annonces pourraient figurer une nouvelle aide aux deux constructeurs américains qui réclament 21,6 milliards de dollars dont 16,6 milliards de dollars pour GM et 5 milliards de dollars pour son homologue Chrysler.
Obama prévient tout de même que cette aide "dépendra pour une grande part de leur volonté de procéder à des changements plutôt drastiques. Et certains (changements) vont être douloureux", a averti le président qui a invoqué les erreurs de gestion des dirigeants du secteur et estimé que le modèle économique actuel de l'industrie automobile américaine était "intenable". "Tout le monde devra faire des concessions, les actionnaires, les travailleurs, les créanciers, les fournisseurs, les concessionnaires", a-t-il prévenu. Déjà, General Motors a annoncé ses premiers départs volontaires jeudi 26 mars.




















