Les "Big Three", les trois constructeurs automobiles américains, traversent une semaine décisive pour leur avenir. Le paysage automobile américain pourrait être bientôt profondément remodelé.
L'avenir de General Motors, numéro un automobile américain, devrait être déterminé dans les prochains jours. Après l'annonce de l'échec de la restructuration de sa dette obligataire, mercredi 27 mai, GM n'a pas recueilli l'accueil escompté auprès des créanciers. La restructuration de 27,2 milliards de dette non garantie était l'une des conditions posées par le Trésor américain pour éviter à GM un dépôt de bilan. L'échéance reste fixée au 1er juin.
De fait, GM Europe essuie aussi d'importantes difficultés. Les négociations autour de la reprise d'Opel, filiale européenne de GM, s'enlissent après une réunion infructueuse entre les repreneurs, des membres des gouvernements allemand et américain. En outre, le sort du groupe suédois Saab, également propriété de GM, est aussi à déterminer. Le groupe Fiat fait partie officiellement depuis mercredi des trois parties intéressés pour la reprise du suédois Saab.
Le constructeur américain Chrysler qui a déposé le bilan le 30 avril, reste englué dans des procédures judiciaires. Le plus petit des trois grands constructeurs américains, est toujours en suspens devant le tribunal des faillites de New York. Selon le plan de restructuration, un "nouveau" Chrysler doit être formé à partir des actifs sains de l'actuel constructeur. Ce "Chrysler sain", délesté de l'essentiel de sa dette, serait entre les mains d'un consortium détenu à 20% par Fiat dans un premier temps (35% à terme).
Mais le juge des faillites, Arthur Gonzalez, chargé de trancher in fine sur le plan de restructuration piloté par Washington n'a pris aucune décision, mercredi 27 mai, après avoir entendu les remarques des parties s'estimant lésées dans le plan de restructuration. Il a annoncé que la poursuite des débats et les plaidoiries pourraient se prolonger jusqu'à vendredi 29 mai. En cas d'aval de la justice, Chrysler pourrait sortir de la faillite.
La viabilité de Ford, numéro deux américain, parait mieux engagée que ses concurrents nationaux. Le constructeur automobile a bouclé la restructuration de sa dette qui a été réduite de 9,9 milliards de dollars par rapport aux 25,8 milliards encore supportés à la fin décembre.
Il a également pu lever 1,4 milliard de dollars sur les marchés mardi 12 mai. Fort des 21,3 milliards de dollars de liquidités brutes détenus dans ses caisses à la fin mars, Ford a annoncé lors de la présentation de ses résultats trimestriels qu'il "ne prévoyait pas de demander une aide financière au gouvernement américain", à la différence de ses concurrents General Motors et Chrysler.
Cependant, le constructeur a fait état d'une perte nette de 1,4 milliard de dollars au premier trimestre, contre un bénéfice de 70 millions un an plus tôt. Mais les performances du sur ces trois mois sont moins mauvaises qu'attendu par le marché. Ford est dans le rouge depuis 2006 et avait perdu 14,6 milliards de dollars l'an dernier, mais il estime avoir progressé dans la voie d'un retour à l'équilibre financier.
Equipementiers
Les difficultés des géants américians de l'auto pèsent également fortement sur leurs sous-traitants comme l'équipementier américain Visteon, ancienne filiale du constructeur Ford indépendante depuis 2000, qui a annoncé, jeudi 28 mai, le dépôt de bilan de ses activités américaines. Plombées par une dette de 5,3 milliards de dollars, le groupe du Michigan a demandé à un tribunal de placer ses activités aux Etats-Unis, représentant des actifs de 4,58 milliards de dollars, sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine des faillites, qui permet à une entreprise en difficulté de se restructurer à l'abri de ses créanciers.



















