Sans surprise, le bilan 2008 présenté mercredi 24 juin par la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) a fait apparaître des résultats en berne pour la profession, confrontée à la baisse des marchés financiers et à la concurrence du Livret A.

La profitabilité de l'industrie, seule véritable nouveauté présentée ce mercredi par la fédération, s'est effritée de 13%, à 9,5 milliards d'euros. De leur côté, les cotisations collectées l'an dernier par le secteur ont finalement reculé de 6,4% l'an dernier, soit 0,2 point de plus que les premières estimations annoncées en janvier dernier, à 183,3 milliards d'euros. Il s'agit de la deuxième baisse consécutive du volume d'activité, une première depuis 30 ans.

Capacité de résistance

Optimiste, Bernard Spitz, le président de la FFSA, a estimé que "le secteur de l'assurance français a montré sa capacité de résistance". De fait les assureurs n'ont pas eu à demander l'aide de l'Etat, et les turbulences financières et économiques n'ont pas entamé leurs ratios de solvabilité, "un coussin de sécurité contre les stress importants, comme des catastrophes naturelles ou des turbulences économiques", a expliqué Jean-François Lequoy, délégué général de la FFSA.

A ce stade, tout est question de verre à moitié vide ou à moitié plein. Certes, la conjoncture économique de l'an dernier a été mauvaise, et la tempête Klaus a finalement coûté 1,54 milliards d'euros. Si les prévisions économiques de l'OCDE semblent indiquer du mieux fin 2009, l'économie mondiale et française devrait néanmoins souffrir, ce qui n'est pas de bon augure pour les activités d'assurance de biens et de responsabilité.

Ballon d'oxygène

Ces dernières, qui ont vu leurs cotisations progresser de 2,5%, à 44,8 milliards d'euros, ont constitué un petit ballon d'oxygène pour les assureurs français. "Mais elles sont très liées à la progression des biens et matériaux produits", rappelle Bernard Spitz. En clair, la croissance économique, notamment les ventes de voitures neuves ainsi que la construction et les transactions immobilières… qui ne se portent pas au mieux aujourd'hui.

A l'inverse, les difficultés des assureurs sont venues l'an dernier de l'assurance de personnes, dont les cotisations ont chuté de 8,9%, à 138,5 milliards d'euros. Une nette dégradation due pour l'essentiel de l'assurance vie, dont les cotisations ont baissé de 10,7%, à 122,4 milliards d'euros. Un phénomène lié tout d'abord à la concurrence du Livret A et des placements de court terme, qui devrait s'estomper avec la baisse des taux d'intérêts et de l'inflation, qui ont pour l'instant conduit à une révision à 1,75% du taux du placement préféré des Français.

Progression des cotisations

Alors qu'elle s'attendait à une stabilité en janvier, la FFSA est donc plus optimiste et table désormais sur une progression des cotisations de "vie et capitalisation" comprise entre 0 et 4%. Il faudra néanmoins faire attention à l'évolution des marchés boursiers, dont le plongeon avait particulièrement handicapé les contrats en unités de compte, qui offrent des rendements supérieurs mais sont plus risqués. Les cotisations avaient en effet plongé de 40,5% l'an dernier.

Coté assurance de biens et de responsabilité, la fédération s'attend maintenant à une croissance de 1% à 3% des cotisations. Le ralentissement de l'économie et l'intensification concurrentielle du marché, dans le sillage des mutations du paysage mutualiste, pourraient néanmoins peser sur la collecte des assureurs.