Bonne nouvelle pour les détenteurs d'un Livret A. Le taux de rémunération ne sera pas modifié pour les trois mois qui viennent, a expliqué le gouverneur de la Banque de France.

Christian Noyer s'exprimait depuis Rouen après l'annonce d'un taux d'inflation de -0,4% en septembre, en territoire négatif pour le cinquième mois d'affilée. Par rapport à août, les prix ont ainsi diminué de 0,2%.

Aucune révision

Pour refléter ce mouvement de baisse des prix, la rémunération du Livret A avait été réduite à 1,25% le 1er août, alors qu'il était à 4% en 2008.

"J'ai décidé en ce qui concerne le mois d'octobre 2009 de ne pas proposer de révision", a déclaré Christian Noyer. Le taux du compte épargne peut en effet être réexaminé chaque trimestre mais il n'y a de révision en avril et en octobre que si le gouverneur de la Banque de France en fait la demande.

"Je considère que le taux qui a été fixé à 1,25% en juillet dernier (avec effet au 1er août NDLR), qui correspondait d'ailleurs à ma proposition, est un taux approprié et par conséquent qu'il n'y aurait pas de révision parce que les textes ne le prévoient pas. Pour janvier 2010, en revanche, "on verra", a-t-il ajouté.

Fonction de l'indice des prix

La Banque de France propose une révision du taux du Livret A en fonction de l'indice des prix à la consommation hors tabac et du niveau des taux d'intérêt sur le marché. Le gouvernement a cependant la possibilité de déroger à la formule pour fixer le taux.

Compte tenu des niveaux de taux courts (0,74% pour l'Euribor 3 mois et 0,35% pour l'Eonia) et de l'inflation des 12 derniers mois (-0,4%), le taux du Livret A devrait être de zéro - un rendement que le gouvernement ne peut se permettre pour un placement qui concerne près de 50 millions de Français.

Le relèvement du taux sera lent

Si le taux ne devrait pas encore baisser, les économistes ne croient pas cependant à un relèvement rapide de sa rémunération.

"Il faudrait une inflation supérieure à 1% pour justifier de remonter le taux du Livret A dans le but de défendre la préservation du pouvoir d'achat des épargnants", juge Cyril Blesson, économiste chez Seeds Finance, qui ne voit pas cette éventualité se produire avant le deuxième trimestre 2010.