Dans un discours prononcé lundi devant Wall Street, Barack Obama a assuré qu'il ne tolèrerait pas un retour aux pratiques qui ont participé à l'une des plus graves crises financières de l'histoire. Si en un an, un accord s'est fait à l'échelle de la planète sur la nécessité d'une plus grande régulation, le chantier est encore loin d'être terminé, notamment en Europe.
Les points de progrès
Un accord général se fait jour sur la nécessité de renforcer le bilan des banques les plus critiques pour la stabilité du système financier. La mise en place d'une dotation contra-cyclique en capital (renforcer les fonds propres quand la conjoncture est favorable) pourrait devenir un prérequis. La surveillance de la liquidité des banques, à travers la mesure d'un ratio d'endettement, sera mise en avant. Les activités risquées ou complexes devraient se traduire par plus de capital requis auprès des banques.
Les rémunérations des dirigeants de banques et des opérateurs de marché devraient faire l'objet d'une attention plus grande, limitant les prises de risque à court terme et tenant compte des performances sur longue période.
Un accord se dessine sur les marchés de produits dérivés, avec la mise en place d'une structure de compensation qui centralise les échanges et assure un plus grande transparence de ces marchés. "La crise révèle un manque d'information général en ce qui concerne les volumes de risques transférés, les prix auxquels les transferts de risque de crédit ont été réalisés, l'exposition nette de chaque acteur de ce marché", souligne ainsi Jean-Pierre Jouyet, le président de l'Autorité des marchés financiers, dans le dernier numéro de la Revue de Stabilité Financière publié par la Banque de France.
Ce qui n'a pas changé
La théorie du "trop gros pour faire faillite" s'est renforcée avec la crise, certaines banques ayant accru leur poids dans l'économie. L'obligation de réintégrer des éléments hors-bilan a fait grimper le ratio d'endettement de certaines institutions. Selon RGE Monitor, d'ici 2010, on estime à 900 milliards de dollars le montant des actifs à risque qu'il faudra réintégrer.
Les banques ont d'ailleurs rapidement relancé leurs activités risquées. Aux Etats-Unis, la mesure de la valeur en risque des 5 premières banques américaines a augmenté de 18% au cours du deuxième trimestre 2009, à 1,04 milliard de dollars – cela signifie que ces banques peuvent perdre quotidiennement 1,04 milliard de dollars à cause de leur activité de trading.
Le Congrès américain tarde à faire passer des réglementations clefs pour protéger les consommateurs américains, tandis que certains actifs risqués sont toujours difficiles à évaluer. Le mécanisme de vente public-privé de ces actifs, soutenu par l'argent du contribuable américain, devrait débuter en octobre 2009 mais on ne sait toujours pas si les investisseurs sont prêts à y participer.
L'hebdomadaire The Economist rappelle que les banques ont levé 645 millions de dollars sur les marchés obligataires sans la garantie des Etats, selon le cabinet d'études Dealogic. Mais ces sommes restent faibles face au montant des dettes de court terme (18.000 milliards de dollars) et des dettes de long-terme à refinancer chaque année (1.500 milliards de dollars), vitales au fonctionnement du secteur bancaire.



















