Pour stabiliser le système financier américain, l'administration Bush avait sorti l'artillerie lourde. Depuis le vote d'un plan de sauvetage de 700 milliards de dollars en octobre 2008, 644 milliards ont été dépensés, selon un rapport d'étape à fin août remis au Congrès américain la semaine dernière.

Le plan TARP a bénéficié à 671 banques, de toutes tailles. Parmi ces banques, 465 ont reçues moins de 25 millions de dollars; 6 ont reçues 10 milliards de dollars et plus, avec parmi les banques les plus aidées Bank of America et Citigroup, dont l'Etat détient désormais 34% du capital.

Lorsqu'il y a presqu'un an, Henry Paulson est obligé d'intervenir d'urgence pour sauver le système de la faillite, son plan provoque l'ire du camp républicain. Initialement prévu pour racheter les actifs toxiques des banques liées à leurs investissements dans l'immobilier commercial et résidentiel, le secrétaire au Trésor se rend rapidement compte qu'il doit changer son fusil d'épaule.

Il impose aux principales banques du pays une injection d'argent frais, mais promet que l'argent du contribuable ne sera pas jeté par les fenêtres. Et TARP a rapporté de l'argent. Sur les 218 milliards de capitaux injectés dans les banques américaines, à ce jour près de 70,3 milliards ont été remboursés, et l'Etat a perçu 6,7 milliards de dividendes, intérêts et honoraires et 2,9 milliards de revenus des garanties apportées aux banques.

Outre l'apport d'argent frais aux banques, les autres programmes du plan ont été largement utilisés: 110 milliards de dollars d'assistances exceptionnelles, 100 milliards pour la réalisation de partenariats Privé-Public, des prêts aux consommateurs et aux entreprises à hauteur de 70 milliards de dollars, des aides aux accédants à la propriété baptisées "Rendre le logement accessible" pour 50 milliards; des garanties d'actifs pour 12,5 milliards et un volet d'aide à l'industrie automobile d'un montant de 89,6 milliards de dollars.

Les sommes engagées récemment ont été élargies grâce au "Plan de Stabilisation Financière" adopté par l'administration Obama. Le plan devait durer jusqu'au 31 décembre 2009, mais il pourrait être reconduit jusqu'au 3 octobre 2010.