Le Parti socialiste souhaite l'interdire, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, le responsabiliser. Le débat sur le crédit "revolving", ou crédit renouvelable, continue d'agiter la classe politique.
Le député François Brottes (PS) entend déposer une proposition de loi pour supprimer ce type de crédit, permettant de disposer d’une réserve d’argent qui se renouvelle, dans la limite d'un plafond fixé, au fil des remboursements.
"Interdire le crédit revolving, c'est la facilité", a cependant jugé Christine Lagarde dans un entretien au Journal du dimanche. "40% des achats par correspondance à La Redoute ou aux Trois Suisses sont réglés avec des cartes de crédit revolving. Il y a des milliers d'emplois à la clef", argue-t-elle.
Lors d'une conférence de presse à Saint-Denis ce lundi destinée à faire le point sur le projet de loi sur le crédit à la consommation, la ministre a précisé qu'elle ne voulait "pas supprimer le crédit renouvelable. Je veux que le crédit renouvelable soit un crédit responsable".
Responsabiliser le crédit
Adopté par les sénateurs le 17 juin, ce projet de loi doit être débattu par l'Assemblée nationale en décembre, pour une adoption définitive début 2010, espère Mme Lagarde. Plusieurs articles du projet renforcent l'encadrement de la publicité sur le crédit renouvelable et sa distribution.
Le texte souhaite ainsi que "le crédit (soit) assorti d'un amortissement": les consommateurs, qui aujourd'hui peuvent rembourser indéfiniment les intérêts d'un crédit sans cesse renouvelé, rembourseront désormais forcément une partie du capital.
Il est également prévu que les emprunteurs se voient proposer un crédit classique pour les achats supérieurs à 1.000 euros, et que le taux de l'usure ne dépende plus du type de l'emprunt mais de la nature du prêt et de la durée d'amortissement.
Intérêts et surendettement
A côté de cette initiative, la ministre a par ailleurs précisé plusieurs points du projet de loi lors de son entretien au Journal du dimanche. Elle souhaite ainsi interdire la facturation de certains intérêts, dits intérêts "intercalaires", par les banques aux ménages qui ont respecté leur plan de désendettement.
Tous les ménages pourront aussi avoir accès aux commissions de surendettement et aux tribunaux, y compris ceux qui possèdent un logement et qui étaient jusque là écartés de ces procédures "sous prétexte qu'ils pourraient céder leur bien pour apurer leurs comptes", ajoute Mme Lagarde.
La ministre confirme enfin le report après la reprise de la réflexion sur les recours juridiques collectifs pour les consommateurs lésés. "Actuellement, je ne souhaite pas modifier l'environnement juridique des entreprises qui sont déjà durement frappées par la crise", a-t-elle expliqué.






















Se réfère à