A la veille de l'ouverture du G20 Finances de Saint-Andrews (Ecosse), la ministre de l'Economie, Christine Lagarde espère arriver avec des flèches à son arc pour défendre le volontarisme de la France à réguler la finance.
Sous le bras, la ministre dispose d'un arrêté fixant les nouvelles règles du jeu des opérateurs de marchés (traders, brokers, vendeurs), publié ce matin au journal officiel. Ces règles s'appliqueront également aux membres des organes exécutifs des banques et des fonds d'investissement.
Et pour que les mesures prises pour encadrer le versement de bonus s'appliquent également dans les succursales des banques françaises à l'étranger ou dans des paradis fiscaux, les banques ont adopté des normes professionnelles contraignantes en règle avec l'arrêté.
Lors d'une conférence de presse, Baudouin Prot, directeur général de BNP Paribas et président de la Fédération Bancaire Française, a expliqué que les engagements sont conformes aux standards énoncés par le Conseil de Stabilité Financière au G20 de Pittsburgh le 25 septembre et sont même "les meilleures normes professionnelles au niveau mondial".
"La parole des chefs d'Etat est engagée"
La France espère être rejointe par tous ces partenaires afin que la place de Paris ne soit pas désavantagée par rapport à ses concurrentes. Les règles vont en effet s'appliquer en France pour le versement des bonus de cette année qui aura lieu en février-mars prochain à l'occasion de la présentation des résultats annuels.
Christine Lagarde a indiqué qu'elle demanderait, lors du G20, "à chaque membre de rendre compte de la manière dont les principes de rémunération sont mis en œuvre dans leur législation nationale".
"Je ne peux pas imaginer un seul instant que les pays du G20 ne mettent pas en place des règles comparables à celles que nous sommes en train de mettre en œuvre. La parole des chefs d'Etat est engagée, ils ont tous signé le communiqué de Pittsburgh", a-t-elle ajoutée.
La France est "inquiète" du peu d'empressement mis par certains pays a indiqué mercredi un responsable du ministère de l'Economie, ayant requis l'anonymat. "Quelques places financières" ont commencé à mettre en oeuvre les mesures préconisées lors du sommet du G20 à Pittsburgh (Etats-Unis) fin septembre. Les Etats-Unis, par exemple, ont "lancé une consultation dans le cadre de la Fed (la Réserve fédérale américaine), mais sans engagement chiffré", a déploré ce responsable.
La banque centrale américaine (Fed) a demandé la semaine dernière aux banques présentes aux Etats-Unis de revoir leur politique de bonus et de primes de telle sorte que celle-ci "ne sape pas" leur "sécurité" et leur "santé" financière. Mais, la France estime que ces recommandations ne sont pas assez contraignantes.























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