Nicolas Sarkozy a déclenché les foudres de la City cette semaine en commentant la nomination de Michel Barnier au poste de commissaire européen à la régulation financière de "triomphe des idées françaises" sur le capitalisme anglo-saxon. Les Anglais sont "les grands perdants" de cette affaire, a t-il ajouté.

S'en est suivie une volée de bois vert dans la presse et parmi les commentateurs britanniques. Extraits:

Pour le Guardian: "Barnier ne devrait pas être là pour prendre une revanche sur Waterloo, Azincourt ou une autre grande bataille du passé qu'il faudrait conjurer ces derniers jours. Evidemment, les remarques de Nicolas Sarkozy vont ralentir plutôt qu'aider la réforme de la régulation financière".

Selon le parlementaire Michael Fallon (conservateur): "pour la première fois dans l'histoire, un Français aura ses mains prêtes à serrer la gorge de la City", cite le London evening standard

Le fantasque, Boris Johnson, maire de Londres, s'est exclamé sur Twitter: "youpi! La meilleure façon de renforcer la City, c'est une attaque en règle des hauts dirigeants français", cite le Timesonline.

"Napoléon Bonaparte considérait l'Angleterre comme "une nation de boutiquier", mais il savait que la vitalité de la City de Londres faisait peser une menace sur ses ambitions impériales", écrit un journaliste du Times

"Les Français mènent une attaque pour mettre hors-jeu la City. Il est important, cependant, de distinguer la rhétorique populiste de Nicolas Sarkozy de ce qui se passe réellement sur le terrain (…) Il n'appartient pas à M. Barnier de servir les élections françaises", signe l'editorialiste du très sérieux Financial Times.

"Quand de nouveaux membres de la Commission européenne sont nommés à Bruxelles, ils sont supposés abandonner leurs préoccupations nationales et devenir de vrais Européens. S'ils suivent la petite musique de leurs gouvernements nationaux, ils enfreignent les règles.", écrit un autre journaliste du FT

Pour Simon Walker, le chef de l'association de capital investissement britannique: "nous craignons fortement que la Grande-Bretagne perde son influence dans un domaine qui, proportionnellement, nous affecte le plus", rapporte The Independent.

Pour le Times du mercredi 2 décembre, c'est un nouvel épisode de la Guerre de Cent ans."L'Histoire se répète, avec la nouvelle attaque française contre la City", a titré le journal.

Le Télégraph se veut rassurant sur la personnalité de Michel Barnier: " le courtois savoyard (et non parisien) a montré qu'il ne roulera pas pour la France car il a rallié la cause européenne. Par tempérament, il est profondément opposé à jouer avec les nerfs des Anglais".