Pour l'Elysée, la décision de taxer les bonus en France n'aurait pas pu être prise sans un engagement de Londres. Si un tel système n'existait qu'en France, la City aurait pu attirer les traders français. Au-delà de cette justification pratique, Chrsitine Lagrade, la ministre de l'Economie, était deux mois plus tôt farouchement opposée à une taxe sur les banques... tant qu'une régulation restait nationale avait-elle pris le soins de préciser.
Le 18 octobre 2009, dans une interview aux Echos, Christine Lagarde déclarait à propos de l'idée d'une taxation supplémentaire de 10% du profit des banques pour 2009: "il n'est pas question de prendre une mesure à caractère national qui plomberait le système bancaire français, qui s'est bien comporté pendant la crise. Cela ne veut pas dire qu'aucun effort n'est demandé aux banques. Je rappelle qu'elles ont payé pour les aides que l'Etat leur a apportées. En revanche, je réfléchis aux moyens de mettre à leur charge le coût d'une supervision bancaire renforcée et d'une meilleure protection des usagers des banques."
"Elles ont payé pour les aides"
Mis à part la contribution à la supervision bancaire qui a fait consensus, le discours sur le principe d'une taxe a radicalement changé depuis. Pourtant, que ce soit une taxe sur les profits ou sur les bonus, ce seront bien toujours les banques qui paieront.
La ministre de l'Economie a estimé vendredi qu'une "contribution exceptionnelle" du secteur bancaire au budget de l'Etat était "juste" après les aides versées au secteur financier durant la crise, en France comme dans d'autres pays.
Christine Lagarde, qui s'exprimait lors d'une rencontre avec la presse, a réaffirmé qu'après la crise qui a secoué l'économie mondiale, il était nécessaire de superviser et de "ramener à la raison" la City de Londres comme les autres places financières mondiales.
L'idée derrière cette taxe est qu'en 2009, "le secteur financier était dans une situation tellement difficile qu'il a dû faire appel à l'argent du contribuable" pour préserver la stabilité du système financier et qu'il est donc "juste" qu'il y ait une "contribution exceptionnelle" du secteur au budget de l'Etat, qui représente l'argent du contribuable". Un changement d'avis opportun.
En revanche, la France a été le premier pays avec l'appui de Christine Lagarde à appliquer les règles du G20 sur l'encadrement des bonus.

















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