Rappelez-vous: c'était en janvier dernier. Pfizer annonçait son mariage avec Wyeth, pour 67 milliards de dollars. En pleine période de doute sur les marchés, cette fusion géante détonait et ouvrait la voie, quelques semaines plus tard, à l'un des plus gros rallys boursiers de l'histoire contemporaine.

Les phases de hausse des marchés sont souvent marquées par de telles opérations de rapprochement (elles en marquent parfois aussi les points culminants, comme le rachat de Time Warner par AOL, en janvier 2000). Ces mouvements sont généralement motivés par l'anticipation d'une amélioration de l'économie, la possibilité de réaliser des synergies importantes ou de diversifier les sources de croissance de revenus, et tirer parti de sources de financement à bon marché.

En quelques semaines, plusieurs opérations significatives ont été annoncées. Il y a eu le rachat début novembre de Burlington Northern Santa Fe par Berkshire Hathaway, propriété du milliardaire Warren Buffett, pour 34 milliards de dollars. Puis cette semaine, celui du producteur de gaz naturel XTO Energy par Exxon Mobil qui pourrait ouvrir la voie à une nouvelle phase de croissance des marchés.

Ces deux opérations de taille vont d'ailleurs à l'encontre du courant dominant, qui consiste à aller chercher des relais de croissance à l'étranger, notamment dans les pays émergents (cas d'AXA-AMP avec APH) -un mouvement qui s'explique aussi peut-être par la faiblesse du dollar, qui menace de remonter fortement et pourrait ruiner les espoirs de rentabilité d'éventuelles acquisitions à l'étranger pour des acteurs américains.

Une chose semble aujourd'hui acquise. L'argent est bon marché et devrait le rester encore un certain temps (de nombreux courtiers ne voient pas de resserrement des taux directeurs avant fin 2010). Les profits des entreprises devraient rebondir de manière sensible en 2010 (hausse de 25% selon certains courtiers), conduisant à une hausse des indices boursiers.

Et malgré le rally de 2009, les niveaux de valorisation sont aujourd'hui considérés comme raisonnables. Autant d'arguments qui militent pour un regain des opérations de fusions-acquisitions, voire un rebond des marchés financiers.

Selon une enquête réalisée par UBS et le BCG auprès de dirigeants d'entreprises, 1 sur 5 compte réaliser une opération de croissance externe significative en 2010 -"significatif" signifiant ici plus de 500 millions d'euros en valeur de transaction.

Les secteurs où les intentions de consolidation sont les plus fortes sont le secteur aérospatial-défense, l'industrie chimique, l'assurance et la distribution non-alimentaire.

En l'absence de rechute de l'activité économique ou de resserrement prématuré des taux, les actions devraient ainsi remonter d'au moins 15% en 2010, estimaient récemment les experts de la banque privée suisse Pictet.