L'euro n'avait jamais connu de telles spéculations. En une semaine, les investisseurs ont accumulé près de 40.000 contrats sur la monnaie unique, selon le Financial Times.
Les traders et hedge funds (fonds spéculatifs) ont pris des positions dites courtes sur la devise et ont parié près de 5,5 milliards d'euros sur la baisse de l'euro la semaine dernière. En 11 ans d'existence, c'est la première fois qu'une telle somme est engagée pour miser sur un recul de la monnaie unique.
Perte de confiance
Un record qui témoigne de la perte de confiance des marchés financiers dans la capacité de la zone euro à empêcher une contagion de la crise budgétaire grecque à d'autres pays européens, fragilisés par la crise, comme le Portugal ou l'Espagne.
Car les marchés n'ont pas été convaincus par le plan d'austérité de la Grèce présenté il y a quelques jours à la Commission européenne. Bruxelles s'est engagée à surveiller étroitement la mise en place de ces mesures mais a refusé une aide du Fonds monétaire international.
Les Etats membres de l'UE n'ont pour l'instant pas non plus l'intention de venir en aide financièrement à la Grèce.
L'Espagne s'engage
Pour calmer les marchés, l'Europe essaye donc de rassurer. Depuis le début de la semaine, le gouvernement espagnol a d'ailleurs lancé une offensive pour tenter d'apaiser les craintes des investisseurs sur la situation financière de l'Espagne.
La ministre des Finances, Elena Salgado, ainsi que le secrétaire d'Etat à l'Economie, José Manuel Campa, se sont ainsi rendus à Londres le 8 février, selon le Financial Times. Ils ont réaffirmé l'objectif de l'Espagne de faire passer le niveau de son déficit public de 11,4% en 2009 à 3% en 2013.
Le premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a lui aussi assuré, lors d'une intervention mardi devant les parlementaires socialistes à Madrid, que la solvabilité et la solidité financière de l'Espagne n'étaient pas menacées.
Il a appelé "à la ténacité, au travail et au sang froid" pour sortir les finances publiques du rouge et faire face aux "manœuvres troubles" de certains opérateurs financiers.
"Manoeuvres troubles" des investisseurs...
Car même si l'Espagne admet se trouver dans une situation budgétaire difficile, le gouvernement espagnol, comme portugais, est convaincu d'être injustement traité.
"On assiste à des manœuvres troubles parce qu'il y a une résistance très claire contre un contrôle et une régulation accrus des marchés" émanant de "ceux qui sont à l'origine de cette crise, les spéculateurs financiers internationaux", a estimé le ministre des Travaux publics et numéro deux du parti socialiste au pouvoir, José Blanco, sur la radio Cadena Ser.
"Il y a une attaque très claire contre l'Euro et il faut y répondre", a-t-il ajouté. La situation de l'Espagne "n'est pas différente dans la majorité des aspects de celle des (autres) pays de la zone euro", a-t-il précisé.
...et des medias
Et les investisseurs ne sont pas les seuls à subir les critiques espagnoles. Madrid s'en est aussi pris aux commentaires apocalyptiques de certains medias étrangers sur l'état de ses comptes publics.
Lors de son voyage à Londres, la ministre des Finances avait ainsi rencontré la direction du Financial Times, journal très critique sur la situation économique et financière de l'Espagne.






















