Le Scandale Madoff aurait dû être découvert bien plus tôt si les autorités de régulation avaient fait leur travail. Cette évidence se renforce chaque jour. Pour la Securities and Exchange Commission (SEC), le "gendarme" de la bourse de New York, les raisons de s'inquiéter ne manquaient pas, avec une série d'alertes au fil des années et des doutes sur la fiabilité de la minuscule firme d'audit qui vérifiaient les comptes de Madoff Securities. Il est vrai que le financier avait toujours manifesté un flegme imperturbable face à ses détracteurs, rassurant sans fin ses interlocuteurs sur la solidité des garanties apportées par les règles en vigueur sur le marché. Pour preuve, cette conférence filmée en 2007.
Devant une audience d'experts et de noces mélangés, Madoff y affirmait sans rire: "Dans toute firme de courtage, il existe une muraille de Chine entre ceux qui achètent et vendent sur le marché et ceux qui traitent les clients. Il ne faut pas que les opérations en bourse des clients puissent influencer la politique d'investissement de la maison. Cette barrière de l'information est sévèrement appliquée et surveillée. Bien sûr il y a des abus, mais grosso modo, dans l'environnemenrt réglementaire actuel, il est virtuellement impossible de violer les règles. C'est quelque chose que le public ne comprend pas. Impossible de tricher, en tout cas pas sur une longue période".
Est-ce le début de la grande purge à la SEC? Celle-ci est restée discrète mardi soir en annonçant le départ d'une responsable de la division chargée de mener des enquêtes sur les fraudes, celle de Bernard Madoff étant la plus grave à ce jour avec 50 milliards de dollars de pertes supposées pour les victimes du gérant de fonds arrêté le 11 décembre. Il est tenu de remettre aujourd'hui à la SEC la liste de tous ses biens partout dans le monde.
Susan Markel, qui avait à la SEC le titre de "chef comptable", va rejoindre un cabinet privé dont le nom n'a pas été communiqué. Elle était entrée en 1994 à la SEC, où elle avait supervisé plusieurs enquêtes importantes, concernant notamment des fraudes commises chez Xerox, le cabinet d'audit KLPMG, WorldCom et Cardinal Health.


















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