Le département américain au Trésor, en renflouant les institutions financières en difficultés, a été le plus généreux en termes relatifs avec la banque Citigroup et l'assureur AIG, a affirmé vendredi 6 février dans un rapport un comité de surveillance du Congrès. Le rapport du comité de surveillance du plan de soutien au système financier analyse les dix plus grands investissements réalisés par l'Etat fédéral dans le cadre de ce plan doté de 700 milliards de dollars.
Il en ressort que "dans l'ensemble, pour ces dix transactions, pour 100 dollars dépensés, le Trésor a reçu des actifs valant environ 66 dollars". Mais que "pour les deux transactions faites dans le cadre de programmes pour des institutions financières courant plus de risques, pour 100 dollars dépensés, le Trésor a reçu des actifs valant environ 41 dollars". Pour AIG, l'Etat a versé 40 milliards de dollars en novembre (sur une aide totale se montant à 150 milliards de dollars) et reçu en échange 14,8 milliards de dollars d'actions préférentielles et de warrants (bons d'acquisition d'actions).
Pour Citigroup, qui a reçu en novembre une injection de 20 milliards de dollars, l'Etat a reçu 10 milliards de dollars. Il avait injecté quelques semaines auparavant 25 milliards de dollars, contre lesquels il avait pris 15,5 milliards de dollars d'actifs. Le rapport ne prend pas en compte la deuxième tranche du plan d'aide à Bank of America, qui a porté l'aide totale de l'Etat à cet établissement au même niveau que pour Citigroup, soit 45 milliards de dollars.
Le comité de surveillance base ses calculs sur l'évaluation de sociétés spécialisées dans la valorisation des entreprises, complétée par l'examen de deux professeurs en finance. En extrapolant à l'ensemble des 317 transactions du plan, il en conclut que l'Etat qui a injecté environ 254 milliards de dollars a reçu environ 176 milliards de dollars d'actifs, soit 78 milliards de dollars payés en trop. Cette conclusion avait été rendue publique dès jeudi par la présidente du comité Elizabeth Warren.
Le comité du Congrès estime que c'est auprès des banques US Bancorp (95 dollars reçus pour 100 dépensés) et Wells Fargo (93 dollars) que le Trésor a été le mieux servi. Viennent ensuite Bank of America (83 dollars) et JPMorgan Chase (82 dollars). En revanche, il a été moins heureux avec les banques d'investissement Morgan Stanley (58 dollars) et Goldman Sachs (75 dollars), ainsi qu'avec la généraliste PNC (73 dollars).
Concernant Goldman Sachs et Morgan Stanley, le comité effectue une comparaison avec les investissements réalisés à peu près à la même époque par d'autres investisseurs.Ainsi, lorsque Berkshire Hathaway, la holding du milliardaire Warren Buffett, investit en septembre dans Goldman Sachs, elle reçoit 110 dollars d'actifs pour un apport de 100 dollars. Et quand la banque japonaise Mitsubishi UFJ fait la même chose avec Morgan Stanley en octobre, elle reçoit 102 dollars d'actifs pour 100 dollars investis.
Le comité estime par ailleurs que les méthodes comptables suivies par le Trésor ont abouti à ce que "les institutions les plus solides reçoivent une plus petite injection, et les plus faibles des injections plus conséquentes". Le secrétaire au Trésor de l'administration passée, Henry Paulson, avait au départ affirmé que l'argent du public devait aller aux institutions les plus solides, pour les aider à dégripper les vannes du crédit.




















