La banque d'affaires américaine Goldman Sachs a affirmé vendredi 20 mars qu'on ne pouvait lui faire porter la responsabilité de la chute d'AIG, estimant qu'elle n'avait fait que réclamer le respect des termes de contrats passés, en réclamant à l'assureur d'importantes sommes.

"Nous ne pensons pas avoir fait quoi que ce soit de mal", a déclaré son directeur financier, David Vaniar, lors d'une conférence d'analystes. "Tout ce que nous avons fait, c'est réclamer des garanties qui nous étaient dues aux termes de contrats" conclus entre Goldman Sachs et AIG, a souligné David Vaniar, interrogé sur la possibilité que l'insistance de Goldman Sachs à réclamer à l'assureur des sommes dues ait pu précipiter sa chute.

AIG avait révélé dimanche 15 mars que Goldman Sachs avait été le premier bénéficiaire de son sauvetage sur fonds publics, car il lui a permis de verser 12,9 milliards de dollars à la banque d'affaires newyorkaise.

Le renflouement de l'assureur, qui a nécessité la mobilisation de plus de 170 milliards de dollars de fonds publics, fait l'unanimité contre lui dans le pays, depuis qu'il est apparu que le groupe avait versé 165 millions de dollars aux cadres à l'origine de sa déconfiture.

David Vaniar a assuré que personne chez Goldman Sachs n'avait obtenu de primes pour avoir gagné de l'argent vis-à-vis d'AIG. "Nous étions entièrement couverts. Cela n'a touché la performance de personne à Goldman Sachs", a affirme le directeur financier.

Le Congrès américain a décidé de faire rembourser les primes de performances indues, versées par les groupes aidés par l'Etat fédéral. Un texte voté par la Chambre jeudi 19 mars prévoit le remboursement au fisc de primes de performances supérieures à 250.000 dollars versées à des organismes ayant perçu 5 milliards de dollars d'argent public ou plus. Cette disposition concerne six banques, dont Goldman Sachs, ainsi que AIG et General Motors. Les groupes de refinancement hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac devraient aussi être concernés par cette mesure.