L'espoir pointe le bout de son nez en ce jour de G20, mais un regain de confiance des investisseurs dépendra avant tout de la capacité des pays réunis à Londres d'éviter une Grande dépression.

Les Bourses de nombreux pays européens sont également orientées à la hausse ce jeudi, alors que la Banque centrale européenne baisse son taux directeur de base à 1,25%. Une baisse moindre que prévu dans la mesure où le marché attendait un taux à 1%, ce qui aurait constitué un plus bas historique.

Mais les marchés financiers sont aussi préoccupés par la capacité d'entente des pays membres du G20, qui représente 80% de la richesse mondiale produite, pour mettre un terme à une crise financière d'une ampleur sans précédent. Un message plus consensuel jeudi matin sur le sujet, avec si possible quelques orientations précises, semblait de nature à soutenir le mouvement de rebond observé depuis le 10 mars dernier. Parmi les attentes les plus fortes figureront l'annonce de nouveaux moyens au Fonds monétaire international, dont le budget d'intervention pourrait être porté à 750 milliards de dollars.

Un rebond des indices boursiers pourrait à terme ramener plus d'optimisme sur les marchés financiers et permettre au financement de l'économie de se réaliser dans de meilleures conditions – les banques supportant moins de dépréciations d'actifs, donc moins de pertes en capital qu'elles pourraient réinjecter dans l'économie réelle sous forme de prêts.

"Historiquement, les marchés ont toujours commencé à remonter avant que l'économie ne se redresse", explique Alaistair Newton, analyste chez Nomura, à l'agence Bloomberg. "On s'attend à une poursuite de la montée du chômage, ce qui oblige les dirigeants politiques à agir". L'optimisme ambiant des investisseurs s'appuient aussi des statistiques qui commencent à passer du rouge au vert. C'est le cas récemment des ventes de voitures, ou des ventes de maisons neuves aux Etats-Unis.

Certains observateurs restent sceptiques, estimant que le nombre de mauvaises nouvelles risque d'être bien supérieur aux bonnes surprises dans les mois à venir. "L'économie mondiale est en danger", affirmaient Stephen King et Stuard Green, économistes chez HSBC dans une étude récemment publiée. "Malgré d'importants plans de relance et des signes de stabilisation, les profits chutent, la déflation et les nationalisations bancaires constituent une grande menace", écrivaient-ils.

Un sentiment partagé par les économistes de Goldman Sachs. Dans une note publiée ce jeudi, ils estiment que depuis le début de la crise, la chute des marchés financiers a fait s'évaporer 30.000 milliards de dollars de capitalisation boursière et 11.000 milliards de valeur dans l'immobilier résidentiel. Cette chute a pesé sur l'ensemble des classes d'actifs, la seule classe d'actifs ayant offert une protection face à la crise étant jusqu'ici les bons d'Etat. Mais cette perte de valeur des patrimoines des ménages risque de peser durablement sur la consommation des ménages.

L'évolution des marchés financiers dépendra en grande partie du degré de confiance accordé par les investisseurs à la capacité des dirigeants de la planète d'éviter une répétition de la Grande dépression des années 1930. A ce jour, cette menace n'est toujours pas écartée. Pour DSK, le patron du FMI, le monde entre dans une période de "Grande récession". Une nuance de langage qui a son importance.