Ils méritaient bien ça pour se remettre de leurs émotions. Quelques jours après le sauvetage d'AIG par les autorités américaines pour 85 milliards de dollars, les dirigeants de la société d'assurance sont allés se ressourcer dans un complexe hôtelier luxueux de Californie. "Moins d'une semaine après que les contribuables ont sauvé AIG, des responsables de l'entreprise pouvaient être vus en train de boire et manger dans l'un des complexes hôteliers les plus huppés du pays", a dénoncé le démocrate Henry Waxman devant la commission de la Transparence et de la réforme du gouvernement de la Chambre des représentants.
"Moins d'une semaine plus tard, AIG organisait une retraite d'une semaine pour les responsables de la société au très sélect St Regis de Monarch Beach, en Californie", a insisté Waxman au deuxième jour d'auditions de cette commission sur la crise financière. Il a précisé que la facture de cette retraite luxueuse s'élevait à 440.000 dollars, dont près de 200.000 dollars pour payer les chambres (à 1.000 dollars la nuit ou plus), et plus de 150.000 dollars pour les repas, ainsi que 23.000 dollars de soins de remise en forme, alors que "les Américains moyens souffrent économiquement (...), perdent leurs emplois, leurs maisons et leur assurance santé".
Talents
"C'est le genre de chose qui bouleverse mes électeurs, dont beaucoup sont en train de perdre leurs maisons et leurs plans de retraite", s'est ému le représentant démocrate Elijah Cumming, estimant qu'ils étaient "bouleversés à juste raison". Interrogé par les parlementaires, l'ancien pdg d'AIG Martin Sullivan a rappelé qu'il avait quitté la société plusieurs mois auparavant. "Si j'avais vu des factures comme celles-là, je peux vous assurer qu'en tant que PDG j'aurais posé des questions", a-t-il soutenu.
Mais le directeur du service des assurances de l'Etat de New York, Eric Dinallo, est venu au secours des dirigeants d'AIG, expliquant que la retraite californienne pouvait avoir pour but d'éviter une fuite des talents". "Je suis d'accord sur le fait qu'il y a eu quelques dépenses inconsidérées, mais l'idée de réunir les principaux cadres (...) pour faire en sorte que les 85 milliards puissent, dans la mesure du possible, être remboursés, n'est pas forcément une décision insensée de la part de l'entreprise", a-t-il insisté.
















