Un accord à l'amiable entre UBS et les Etats-Unis, pour mettre un terme à leur différend fiscal, pourrait coûter à la banque helvétique entre 3 et 5 milliards de francs suisses (2 et 3,3 milliards d'euros), estime dimanche le journal Sonntag sur son site internet. La banque suisse a été sommée par Washington de livrer l'identité de 52.000 de ses clients américains qu'elle aurait aidés à échapper au fisc américain. Sous la menace de poursuites judiciaires, la banque serait prête à payer pour éviter un procès.

En février, UBS avait déjà dû cédé à la pression des Etats-Unis. La banque avait alors créé la surprise en acceptant d'écorner le sacro-saint secret bancaire suisse et livré les noms d'environ 300 clients soupçonnés d'évasion, en plus d'une amende de 780 millions de dollars.

Rumeurs

Des rumeurs sur un compromis avaient déjà bruissé la semaine dernière. Le New York Times avait affirmé mardi que le département de la Justice envisageait d'abandonner ses poursuites contre UBS. Le journal Sonntag parle d'un accord entre le 1er et le 13 juillet, "une fenêtre de tir idéale". Car les Américains ont jusqu'au 30 juin pour déclarer leurs comptes à l'étranger auprès du fisc. Cet accord devrait coûter 2 à 3,3 milliards d'euros, "un ordre de grandeur onfirmée par des sources indépendantes", assure le journal. UBS, injoignable dimanche, se refusait à tout commentaire auprès du journal.

Cette affaire reste une épine dans le pied d'UBS qui se débat déjà depuis des mois pour survivre à la crise économique. Un accord pourrait lui donner un peu de répit en l'aidant à retrouver la confiance de ses clients qui ne cessent depuis plusieurs mois de lui retirer leurs fonds. Au premier trimestre, les sorties de capitaux s'élèvaient ainsi à 14,9 milliards.

Depuis, et sous la pression internationale, la Suisse a accepté d'assouplir son secret bancaire pour se conformer aux règles de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Elle a déjà ratifié de nouveaux accords de double imposition avec huit Etats.