La banque britannique Lloyds Banking Group (LBG) a annoncé mercredi, comme attendu, avoir essuyé de lourdes pertes en données pro forma au premier semestre, en raison d'une envolée des provisions pour dépréciations liées aux créances douteuses de l'ex-HBOS.

Le groupe bancaire, détenu à 43% par l'Etat britannique depuis les plans de sauvetages lancés au coeur de la crise financière, a essuyé une perte avant impôts de 4 milliards de livres sterling, contre un profit de 2,8 milliards un an plus tôt, selon son rapport financier semestriel.

Ces résultats sont calculés sur une base pro forma, c'est-à-dire comme si la fusion entre Lloyds TSB et HBOS avait déjà eu lieu l'an passé.

Cette perte s'explique notamment par 13,4 milliards de livres de dépréciations mais pour J Eric Daniels, le directeur général de l'établissement, "le coeur de métier fait preuve de résistance, malgré la faiblesse de l'économie."

Cette énorme perte nette, la plus importante enregistrée pour l'instant par une banque britannique sur la même période, s'explique par l'envolée des provisions pour dépréciations, en raison essentiellement du gonflement des créances douteuses issues de Halifax-Bank of Scotland (HBOS), banque qui avait fusionné en début d'année avec sa concurrente Lloyds TSB pour donner naissance à LBG.

La perte nette part du groupe ressort à 3,12 milliards de livres contre 1,95 milliard de livres un an plus tôt.

Sur les six premiers mois de l'année, le produit net bancaire a en revanche progressé de 7% à 11,94 milliards.

LBG a confirmé au passage qu'elle prévoyait d'être déficitaire sur l'ensemble de l'exercice, tout en assurant que les dépréciations avaient probablement atteint un pic, et que ses résultats devraient commencer à s'améliorer dans les mois qui viennent.

"La direction prévoit une stabilisation de l'économie à partir du second semestre, et un début de reprise en 2010. Sur cette base, la direction anticipe une amélioration des performance de la banque, principalement grâce à la diminution des dépréciations de survaleurs", note LBG.

Le redressement des marges devrait s'améliorer, mais le niveau de 2008 ne sera pas atteint l'an prochain, avertit toutefois l'établissement.