La banque d'affaires américaine Goldman Sachs Lloyd Blankfein joue les trouble-fêtes. A la suite du G20 de Pittsburgh de septembre dernier, plusieurs institutions financières américaines, comme la FED, ou banques européens ont accepté de limiter leurs bonus. Mais le PDG de Goldman Sachs n'entend pas, de son côté, renoncer à récompenser ses meilleurs éléments avec de généreuses primes, a-t-il prévenu le 10 octobre dernier, arguant de son "obligation" à garder ses employés "contents".
"Au cœur du succès de la performance, des succès et de la longévité de Goldman pendant (la crise financière), il y a, à part la chance, le fait que nous nous sommes mis en position d'avoir plus de chance grâce à nos employés", a souligné M. Blankfein dans un entretien publié par le Wall Street Journal.
En 2009, alors que le bénéfice net voyait sa progression limitée à 33%, les frais de rémunération ont ainsi représenté 49% du chiffre d'affaires durant le premier semestre, atteignant 6,65 milliards au deuxième trimestre, en hausse de 47% par rapport à la période équivalente de 2008.
Service public
M. Blankfein, qui s'est exprimé à plusieurs reprises sur la moralisation des rémunérations des cadres et acteurs de marché, plaidant notamment pour qu'elle soit conçue sur le long terme et largement versée en actions, a également avancé un argument inédit: les bonus accumulés dans la banques permettent à ses employés d'accumuler rapidement de la richesse, et par voie de conséquence de se retirer tôt des affaires pour faire carrière dans le service public.
M. Blankfein reste ainsi persuadé "que, quand les choses se seront calmées, on trouvera de nouveau que c'est positif que les gens mettent de côté leur recherche de richesse personnelle pour aller se mettre au service du gouvernement", a-t-il précisé.
Controverses justifiées
Goldman Sachs, "la banque que tout le monde aime détester" comme la décrit le Wall Street Journal, est en effet un réservoir de dirigeants du Trésor et autres responsables politiques. Sont notamment issus de ses rangs l'ancien secrétaire au Trésor Henry Paulson et l'actuel gouverneur du New Jersey (est) Jon Corzine.
Le mois dernier, M. Blankfein avait cependant reconnu que, "par bien des aspects, une grande part (des controverses sur les primes versées dans les banques) est compréhensible et justifiée". "Il y a peu de justification pour le versement de rémunérations discrétionnaires (ndlr: primes) démesurées quand une institution financière a perdu de l'argent dans l'année", avait-il expliqué.



















