Fin de l'indépendance de la prestigieuse banque d'affaire Merrill Lynch. Les actionnaires de l'établissement ont donné leur aval à sa reprise par Bank of America, vendredi 5 décembre. Les actionnaires de cette dernière ont pris la même décision quelques minutes après. Merrill Lynch n'a pas précisé le résultat du vote. En quelques semaines, les parts des actionnaires ont fondu avec la dégringolade de la Wall Street. Alors qu'elles valaient 50 milliards le 15 septembre, lors de l'annonce de la reprise, elles ne cotent plus aujourd'hui qu'à 19,7 milliards de dollars.
"En approuvant cette transaction, les actionnaires de Merrill Lynch ont exprimé leur confiance dans la combinaison de notre entreprise à Bank of America pour créer l'un des établissements financiers les plus puissants de la planète", a commenté le PDG de Merrill Lynch, John Thain, dans un communiqué. Ce mariage historique va donner naissance à un géant américain de la finance, doté de plus de 960 milliards de dollars de dépôts, devant l'actuel numéro un JPMorgan Chase, qui dispose de 900 milliards.
Réseau de courtage
Ce faisant, la banque généraliste va mettre la main sur ce qui a fait la force de Merrill Lynch: son réseau de courtage. Merrill lui apporte aussi certains des meilleurs gérants de fonds et stratégistes du marché.
Bank of America va de plus récupérer les 90 milliards de dépôts apportés par Merrill, un aspect essentiel de la consolidation actuelle du paysage bancaire américain: en ces temps de gel des marchés monétaires, les dépôts sont un financement bon marché pour l'établissement financier qui les détient.
Pilule amère
Reste que, pour Merril Lynch, la fin de son indépendance est une pilule amère pour ses employés -dont nombre n'ont pas accepté les nouvelles conditions financières proposées par le repreneur- et actionnaires. Elle n'avait pas le choix, après avoir frôlé le dépôt de bilan pour son appétit excessif dans les produits adossés à des créances à risques.
Suite logique des choses, Merrill Lynch ne devrait pas être épargné par les suppressions de postes, qui se multiplient actuellement à Wall Street. Le futur ensemble devrait se séparer de 25.000 à 30.000 emplois, croit savoir le Wall Street Journal.
Pour Bank of America, intégrer Merrill réprésente un défi de taille, quelques mois seulement après avoir racheté, pour une bouchée de pain, le premier prêteur hypothécaire du pays, Countrywide Financial.





















