Réunion de crise. Le conseil de surveillance de l'Ecureuil doit se réunir ce dimanche à 15 heures pour un "vote de confiance" à l'actuelle équipe de direction, après la révélation d'une perte de 600 millions d'euros sur des opérations de marché, indique l'AFP en citant des "sources concordantes".

Cinq personnes ont déjà été mises à pied, parmi lesquelles les trois traders à l'origine de la perte, leur responsable, ainsi que le directeur financier du groupe, ont indiqué des personnes proches du dossier à l'AFP.

Le directoire de la banque est actuellement composé de 5 personnes: Charles Milhaud, Président du directoire depuis 1999, Nicolas Mérindol, le directeur général, Julien Carmona, directeur exécutif en charges des finances et des risques, Guy Cotret, responsable des ressources humaines et de l'exploitation bancaire et Alain Lacroix, en charge du développement du groupe. Le mandat du directoire expire le 31 décembre 2009.

Pas d'affaire Kerviel bis

Dans un entretien à l'APF publié samedi, Nicolas Mérindol avait appelé samedi à ne "pas faire de comparaison avec d'autres affaires médiatiques", après l'annonce de la perte de 600 millions d'euros en raison de risques pris en plein krach boursier.

Nicolas Mérindol a insisté sur le fait qu'il n'y avait dans ce cas "pas de dissimulation, ni introduction dans les systèmes, ni fraude de la part des responsables", contrairement à ce qui s'est passé dans d'autres établissements bancaires.

Traders fous

Depuis l'annonce de cette perte de l'Ecureuil, la comparaison a été faite avec l'affaire Kerviel, du nom du trader de la Société générale qui a fait perdre 4,9 milliards d'euros à sa banque à la suite de spéculations sur les marchés. Cette affaire est actuellement instruite par la justice.

Dans le cas des Caisses d'Epargne, "il ne s'agit pas de sanctionner des gens payés pour faire de la spéculation ou des arbitrages sur les marchés", a-t-il indiqué, "mais qui géraient en extinction un portefeuille boursier".

"Ils ont été pris par la crise", a-t-il reconnu en affirmant que "nous sommes à l'opposé d'autres affaires médiatiques".

Répondant à de nombreuses critiques dont la presse s'est fait l'écho, Nicolas Mérindol a jugé "intolérable de considérer (les responsables de cette perte, ndlr) comme des traders fous." "Une procédure est lancée", a-t-il ajouté, mais "la loi et les délais doivent être respectés et nous prendrons les décisions dans la sérénité et non sous le choc des événements, c'est ainsi que tout le monde souhaite que cette affaire soient gérée".

Responsabilités

L'annonce de cette perte tombe au plus mal, en pleine crise financière que les pays du monde entier tentent de juguler, et au moment où le groupe Caisse d'Epargne doit négocier les conditions de son rapprochement avec le groupe Banque Populaire.

Cette nouvelle perte sur des opérations de marché crée en outre beaucoup de remous sur la scène politique. Depuis le Québec, où il était en déplacement, le président Nicolas Sarkozy a demandé vendredi soir que les responsables de cette affaire "en tirent les conséquences". Chacun doit "prendre ses responsabilités quel que soit son niveau et quelles que soient ses responsabilités", a-t-il insisté.

La ministre de l'Economie et des finances, Christine Lagarde, s'est déclarée "vraiment vraiment en colère", tandis que des membres de l'opposition ont demandé que soient prises des sanctions.