John Thain se défend. L'ancien PDG de Merrill Lynch, qui avait repris en charge les activités de banque d'investissement et de gestion d'actifs de Bank of America après le rachat de son établissement, ne comprend pas d'avoir été viré pour manque de transparence.
Dans un courrier électronique envoyé à quelques dirigeants de Merrill Lynch, et obtenu par le Wall Street Journal, Thain affirme avoir été "totalement transparent" sur l'ampleur des pertes subies par la banque d'affaires avec l'amplification de la crise financière au cours du quatrième trimestre 2008.
Les pertes subies par la banque "étaient liées à des positions passées et à l'évolution des conditions de marché. Nous avons été totalement transparents avec Bank of America. Ils ont appris ces pertes en même temps que nous. Le directeur financier en charge de mes activités était l'ancien directeur comptable de Bank of America. Ils avaient un accès quotidien à nos comptes, nos positions et aux valorisations", affirme le dirigeant.
John Thain dément en outre avoir décidé d'avancer la date de versement des bonus de la banque, décision qui aurait aggravé l'ampleur des pertes subies fin 2008. Ces pertes, apparemment plus importantes que prévu, auraient obligé Bank of America à demander une rallonge d'aides auprès du gouvernement américain. Cette version des faits est contestée par les dirigeants de Bank of America, selon le quotidien. La justice de New York n'en a que faire puisque dans le cadre de l'enquête sur le versement de ces bonus, elle cite à comparaître l'ex-patron de Merrill Lynch. La justice souhaite entendre également J. Steele Alphin, le chef des services administratifs du groupe Bank of America, dont la fusion avec Merrill Lynch est effective depuis le 1er janvier.
Ce memo révèle également la dégradation de ses relations avec Kenneth Lewis, le PDG de Bank of America, entre la mi-septembre, date du rachat de Merrill Lynch, et la mi-janvier.
Thain indique en outre que les dépenses de rénovation de son bureau, de deux salles de conférence et d'un salon de réception - d'un montant de 1,2 million de dollars - ont été engagées il y a un an "dans un environnement bien différent". "Cependant, il s'agissait d'une erreur au regard du monde dans lequel nous vivons aujourd'hui", reconnaît John Thain. Il s'est engagé à rembourser le coût de ces rénovations.
















