Le Luxembourg se dit "prêt à discuter" de l'abolition du secret bancaire dans les pays de l'Union européenne pour les non résidents, proposée par la Commission européenne. C'est ce qu'a indiqué mardi 3 février le Premier ministre du Grand-Duché, Jean-Claude Juncker. "Bien sûr, le Luxembourg, qui en matière de secret bancaire a une position particulière, est prêt à discuter" a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, organisée dans le cadre d'une visite du président italien Giorgio Napolitano.

"Ce débat ne sera pas dramatique" a-t-il dit. "L'Europe est faite d'avancées par étapes, nous allons participer à ce débat comme à d'autres débats qui ont porté sur la fiscalité où nous avons trouvé un terrain d'accord", a précisé le Premier ministre. "Moi je défends les intérêts de mon pays lorsqu'ils sont justifiés et les intérêts de l'Europe même s'ils ne le sont pas, parce que l'Europe avance par compromis et par intersections entre les idées des uns et des autres", a-t-il ajouté.

Toutefois, a prévenu Juncker, "la Commission aura à répondre à des questions luxembourgeoises et pas seulement le Luxembourg à des questions de la Commission".

Dans un nouvel effort pour réduire l'évasion fiscale, la Commission européenne a proposé lundi 2 février que le Luxembourg, l'Autriche et la Belgique, les trois Etats de l'UE qui conservent le secret bancaire, ne puissent plus refuser de donner des informations fiscales à d'autres pays de l'UE qui le demandent concernant les contribuables de non résidents.