Lloyds Banking Group (LBG)a annoncé vendredi 27 février qu'elle tablait sur une perte en 2009, et qu'elle négociait toujours avec l'Etat pour qu'il assure ses actifs risqués. La banque britannique issue du rapprochement entre les groupes HBOS et Lloyds TSB n'a pas publié de comptes pro-forma, ne donnant que des comptes séparés pour les deux anciens établissements. La fusion des deux établissements n'est effective que depuis le 19 janvier. L'Etat britannique détient 43,4% du capital de Lloyds Banking Group.

Ainsi, Lloyds TSB a vu son résultat net plonger de 75% l'an dernier à 819 millions de livres l'an dernier, contre 3,3 milliards en 2007. De son côté, HBOS (Halifax-Bank of Scotland), a enregistré une perte nette de 7,6 milliards de livres en 2008, contre un bénéfice de 4 milliards un an plus tôt. Ce sont ses premières pertes depuis sa constitution en 2001. HBOS a subi d'importantes dépréciations d'actifs après la chute des marchés financiers. Sa perte imposable a atteint 10,8 milliards de livres en 2008, contre un bénéfice avant impôts de 5,5 milliards un an plus tôt, sous l'effet de dépréciations et autres déboires sur le marché du crédit, qui ont effacé une hausse de 10,4% de son produit net bancaire, à 8,1 milliards de livres.

Ces résultats surviennent alors que Royal Bank of Scotland, également détenue à 70% par l'Etat, a annoncé une perte historique de 24,1 milliards de livres, à cause de sa coûteuse acquisition d'ABN Amro avec Fortis et Santander. L'établissement a engagé d'importantes mesures de restructuration. Barclays a pour sa part annoncé de bons résultats, faisant preuve d'une rare résistance malgré la crise financière.

2009 sera une année difficile, a averti Lloyds Banking Group. La perte prévue pour l'exercice en cours s'entend avant amortissement des écarts d'acquisition liés à la fusion des deux établissements bancaires. La banque négocie toujours avec le gouvernement britannique son accès au Plan gouvernemental de protection des actifs, via lequel le gouvernement propose de couvrir l'essentiel des pertes engendrées par les actifs toxiques des banques.

Jeudi 26 février, le gouvernement avait conclu un accord avec la banque également partiellement nationalisée RBS, dont il va assurer 325 milliards d'actifs risqués à des conditions jugées très favorables. De plus, il a accepté de lui apporter jusqu'à 25,5 milliards de livres de liquidités supplémentaires, sans pour autant faire passer sa participation au-delà de 75% de son capital (elle est proche de 70% actuellement). Dans la foulée, l'action de Lloyds Banking Group avait grimpé de 30,7% jeudi à la Bourse de Londres, les investisseurs espérant qu'elle bénéficierait de cette assurance gouvernementale dans des conditions similaires.

Mais le fait que LBG soit toujours en négociations avec le gouvernement, à l'inverse, a été mal accueilli en Bourse vendredi, de même que ses perspectives moroses. Vers 9h40, l'action LBG perdait 9,1% à 68,20 pence, dans un marché londonien en baisse de 1,9%.

Les dirigeants de LBG ont exprimé leur confiance d'un rebond des résultats du nouvel ensemble à plus long terme. "Nous achetons cette activité dans la phase baissière du cycle économique, avec une décote importante sur la valeur de l'actif net comptable, ce qui augmente les chances de création de valeur, et nous payons en titres plus qu'en numéraire, ce qui a en partie isolé les actionnaires de Lloyds TSB des risques du marché", a affirmé Eric Daniels, le directeur général du nouvel ensemble. "L'acquisition nous permet d'occuper des positions dominantes dans les comptes courants, les dépôts et l'assurance, les prêts immobiliers, le crédit à la consommation, et nous donne une taille significative dans les activités commerciales et de banque de gros; quelque chose que nous n'aurions pas pu obtenir par la seule croissance organique", a ajouté le dirigeant.