Le ministre belge des Finances Didier Reynders, éclaboussé par un scandale politico-judiciaire autour du sauvetage de la banque Fortis, a vu mercredi 11 mars sa ligne de défense renforcée par un acteur clé du dossier, un avocat. M. Reynders est soupçonné d'avoir bénéficié d'informations judiciaires confidentielles dans ce dossier très sensible opposant l'Etat belge aux petits actionnaires de Fortis. Baptisée "Fortisgate", l'affaire a entraîné la démission en décembre du Premier ministre, Yves Leterme.
Une commission d'enquête parlementaire tente de déterminer si le gouvernement avait connaissance à l'avance des décisions de justice et s'il a tenté de peser sur les procédures judiciaires, en contradiction avec le principe de la séparation des pouvoir. Les débats se concentrent sur un avis rendu le 6 novembre par le procureur du tribunal de commerce de Bruxelles, Paul D'Haeyer, sur la validité du plan de sauvetage de Fortis échafaudé par le gouvernement.
Mardi 10 mars, plusieurs collaborateurs de ministres belges avaient placé Didier Reynders dans une position très inconfortable en suggérant que le chef de cabinet de Didier Reynders, Olivier Henin, semblait connaître la teneur de l'avis avant qu'il ne soit rendu. Yves Leterme a lui aussi livré lundi 9 mars cette version aux députés. Mercredi, M. Reynders a répété que, le 6 novembre, son chef de cabinet n'avait exprimé qu'une "inquiétude" sur "l'éventualité d'un avis négatif", à la suite d'une conversation téléphonique avec l'avocat de l'Etat. Et cet avocat, Christian Van Buggenhout, n'était pas au courant du contenu de l'avis et n'a donc pas pu le communiquer, a souligné Didier Reynders.
Dans une lettre, Christian Van Buggenhout a confirmé mercredi 11 mars les propos du ministre: "Au vu de l'attitude du substitut durant les débats, je lui ai dit (à Olivier Henin, NDLR) --mais sans avoir aucune connaissance préalable du contenu-- qu'on pouvait attendre un avis nuancé, voire négatif" pour l'Etat.

















