72% des distributeurs de crédits sollicités pour un emprunt de 2.500 euros pour remplacer de l'électroménager ont orienté le consommateur vers un credit revolving. C'est ce que montre une enquête d'UFC-Que choisir publiée vendredi 13 mars qui souligne ainsi les inquiétudes liées aux crédits à la consommation et notamment aux crédits renouvelables (dits revolving). Alors qu'un crédit affecté ou personnel est plus approprié, souligne UFC-Que choisir. De plus, 82% des établissements n'ont donné aucune information claire et lisible sur les caractéristiques du prêt (coût total, taux d'intérêt, mensualité, montant de la réserve,etc.). Pire encore, 87% n'ont pas vérifié la solvabilité de l'emprunteur, ni prêté attention au projet du consommateur.
Le crédit revolving est souvent dénoncé comme une source dangereuse d'endettement. Un chiffre le montre clairement. 84% des dossiers de surendettement comprennent au moins un crédit revolving (en moyenne 6 par dossier). Ces dernières années, le recours à ce type de crédit est apparu pour un certain nombre de ménages comme une obligation pour maintenir un niveau de vie et financer des dépenses incompressibles. Un rapport du CES montre que 26,1% des ménages font appel aux crédits de trésorerie pour financer des dépenses de consommation courante ou payer une facture exceptionnelle. Les ménages modestes sont ceux qui recourent le plus à ce type de crédit. Les ouvriers sont ceux qui l'utilisent le plus, avec les professions intermédiaires et les employés, loin devant les cadres et les professions libérales.
L'UFC-Que Choisir défend cinq propositions pour empêcher que "cette distribution de prêts toxiques ne perdure": l'interdiction du démarchage, l'amélioration de la clarté et de la lisibilité des publicités et des contrats de crédit, l'obligation pour les conseillers de vérifier la solvabilité de l'emprunteur et son projet avant de lui proposer un crédit adapté, l'interdiction du crédit revolving sur les lieux de vente et l'interdiction d'associer une réserve d'argent avec une carte de fidélité ou de paiement.
Christine Lagarde annoncera lundi 16 mars jusqu'où le gouvernement est prêt à aller pour encadrer les crédits à la consommation. La ministre de l'Economie doit présenter à cette date une réforme dont elle avait déjà précisé les grandes lignes fin janvier. Deux principes ont d'ores et déjà été retenus: "mettre un terme aux pratiques trop agressives en matière de publicité et restreindre les sollicitations trop pressantes sur les consommateurs" et "renforcer la responsabilité des acteurs -prêteurs et emprunteurs- en insérant dans la loi, comme le prévoit la directive européenne sur le crédit à la consommation, un devoir d’explication et l’obligation d’évaluer la solvabilité de l’emprunteur". Le sénateur UMP Philippe Marini avait présenté, lui, dès novembre une proposition de loi pour responsabiliser les acteurs du crédit à la consommation.

















Se réfère à