Le mariage entre Bank of America et Merrill Lynch n'a pas fini de faire couler de l'encre. Après l'affaire des bonus versés par Merrill Lynch peu avant la conclusion de l'opération, Bank of America aurait dépêché Neil Cotty, le patron de la comptabilité de la banque, pour "superviser" les dépréciations d'actifs qui ont conduit Merrill Lynch à une perte de 15,3 milliards de dollars au quatrième trimestre 2008, selon le Financial Times.
Selon des sources proches du dossier citées par le quotidien, Neil Cotty "a joué un rôle actif dans la préparation des comptes, en faisant jouer son influence sur les cadres de Merrill Lynch chargés de les présenter aux dirigeants de Bank of America".
Le dirigeant se serait notamment impliqué dans le passage de provisions de 1,9 milliard de dollars sur des prêts avec effet de levier, de 2,9 milliards sur des expositions à des dérivés de crédit et de 1 milliard sur des Credit Default Swap.
"Bien que Bank of America ait eu accès aux informations financières de Merrill Lynch au quatrième trimestre et se soit impliquée dans de nombreux sujets concernant la comptabilisation et l'évaluation, le management de Merrill Lynch était responsable de ces décisions", a déclaré Neil Cotty dans un communiqué cité par le Financial Times.
Ce dernier a pourtant signé le rapport annuel de la banque contrairement à son homologue de Merrill Lynch, Nelson Chai. "Nelson Chai, jusqu'à la mi-janvier, devait signer le rapport, mais à la suite de sa démission, il a été demandé à Neil Cotty de signer le document", indique Bank of America.
Le rachat de Merrill Lynch par Bank of America, finalisé le 1er janvier 2009, avait suscité de nombreuses critiques après la révélation du versement de 3,3 milliards de dollars de bonus à ses dirigeants. Les conditions du rachat ont entraîné une enquête de la justice américaine visant en outre à établir si des informations avaient été cachées aux actionnaires au moment de l'approbation du rapprochement, le 5 décembre dernier.
La participation de Bank of America à l'établissement des comptes de Merrill Lynch est d'autant plus troublante que la banque avait reçu 20 milliards de dollars de la part des autorités américaines. Elle-même en difficulté, Bank of America avait en effet menacé de se retirer de l'opération sans aide de l'Etat.



















