Le monde traverse la pire crise jamais rencontrée. On le sait depuis plusieurs mois. Mais au fait, comment a démarré la crise financière? S'il faut trouver un début d'explication, commençons par le premier acteur de la chaîne: les banques.
Depuis le milieu des années 80, les banques se débarrassent des risques liés aux prêts qu'elles accordent aux particuliers. Elles reconditionnent ces prêts dans des structures, lesquelles émettent des titres négociables vendus par la suite à des investisseurs, parmi lesquels des hedge funds, mais aussi d'autres banques. Ce processus est appelé la titrisation. "Le lien entre celui qui prête l'argent et celui qui prend le risque a disparu", résume ainsi l'économiste Florence Pisani.
L'une des sources de la crise vient de ce "système bancaire alternatif", non régulé par les autorités monétaires. Fannie Mae et Freddie Mac en sont des exemples tristement célèbres. Ces institutions financières américaines soutenues par l'Etat fédéral prennent de plus en plus de risques liés aux crédits immobiliers, tout en se finançant pour l'essentiel sur les marchés. Ce faisant, elles contribuent à alimenter la bulle de l'immobilier dans laquelle les prix flambent sur la base d'éléments spéculatifs.
Un autre point a été déterminant. Les pays émergents comme la Chine ont placé leur épargne dans le système financier occidental. Ils se sont tournés vers des placements considérés sans risque comme des bons du Trésor américain. L'excédent d'épargne des pays émergents a trouvé face à lui un besoin de financement accru des pays développés. "Les ménages américains ont emprunté sur l'épargne chinoise", explique Anton Brender.
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Cette épargne a en effet permis de prêter de l'argent dans les pays développés où le système bancaire alternatif (la titirisation) tournait à plein régime. Encouragé par cet afflux d'épargne, le système bancaire alternatif a été poussé à prendre de plus en plus de risques.
Anton Brender se défend d'accuser la Chine d'être responsable de cet emballement financier. Il reconnaît cependant que la Chine aurait pu se tourner plus vite vers son marché intérieur, ce qui aurait pu éviter la catastrophe. Du moins partiellement. "Si la Chine avait favorisé plus tôt sa consommation intérieure, cela aurait empêché la création de déficit ailleurs. Elle est à la limite responsable de la mauvaise gestion de sa demande intérieure", explique-t-il.
Le système bancaire alternatif aurait pu continuer ainsi dans cette finance globalisée, mais le choc des subprimes, que l'on croyait cantonné à quelques banques américaines, s'était en fait répandu dans l'ensemble du système financier mondial. La crise des subprimes a progressivement révélé un risque systémique qui a été amplifié par la décision des autorités américaines de laisser la banque d'affaires Lehman Brothers faire faillite. C'était le 15 septembre dernier. Les marchés financiers se sont soudainement fermés, provoquant une crise de liquidité historique et une très forte volatilité des indices boursiers.
Cette crise a obligé de nombreuses banques à subir la perte de valeur de leurs opérations financières – prêts immobiliers, titrisation et dérivés de crédit en tête. Aujourd'hui, la crise financière s'est transformée en récession mondiale et les banques n'ont pas fini d'en subir les effets tout comme les particuliers. C'est la transmission de la crise financière à l'économie "réelle". On y est.























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