L'opération devrait se traduire par 199 suppressions de postes sur un effectif français total de 4.041 collaborateurs. Ces suppressions se feront "sur la base du volontariat", selon un communiqué des deux sociétés publié jeudi 28 mai.

Le projet, dévoilé par la presse économique après sa présentation mercredi 27 mai aux comités d'entreprise des deux sociétés, donnera naissance au leader en France du crédit à la consommation, avec une part de marché de près de 20% et 27,9 milliards d'euros d'encours gérés. Le nouvel ensemble sera également leader en Europe (71,2 milliards d’euros d’encours gérés à l’international), affirme le communiqué. Le rapprochement permettra de réaliser 75 millions d'euros d'économies annuelles et le coût de restructuration est estimé à 60 millions d'euros, a-t-il précisé.

La fusion juridique des deux sociétés, déjà animées par une direction générale commune depuis 2008, est attendue pour le premier trimestre 2010. Elles seront regroupées au sein de Crédit Agricole Consumer Finance. Les marques Finaref (acquises auprès de PPR en 2003) et Sofinco seront toutefois conservées pour chacune des activités actuellement en cours: vente directe, financement sur le lieu de vente (ndlr: crédit revolving) et partenariats, selon Nicolas Pécourt, directeur des études chez Sofinco. Leurs implantations hors de France ne se recouvrant pas, "il n’est prévu aucune synergie sur l’activité internationale", qui représente plus de 60% de l’activité du nouvel ensemble, a indiqué Nicolas Pécourt.

D'après le communiqué, ce projet répond également "à la dégradation forte du marché du crédit à la consommation et à la montée des risques". Le montant des crédits à la consommation accordés en France a encore reculé en avril pour le septième mois d'affilée, cette baisse étant même plus marquée (-18,7%) que lors des trois premiers mois de 2009 (-12,4%).

Ce net repli intervient après une année 2008 déjà morose pour l'industrie. Selon une étude réalisée par Sofinco et publié à la mi-mai, les encours de crédit à la consommation l’Union Européenne ont progressé de 4,1% sur un an à la fin 2008, soit un ralentissement de près de 40% par rapport à la croissance observée fin 2007.

De fortes disparités se cachent derrière ce chiffre. Seuls quatre pays (Pays-Bas, Slovaquie, Allemagne, Hongrie) ont affiché une différence positive entre la croissance relevée fin 2008 et celle mesurée un an plus tôt, tandis que les plus fortes baisses ont été enregistrées dans des pays jusqu’ici très dynamiques comme le Danemark (-17 pts), l'Espagne (-13 pts), le Portugal (-11 pts) et l'Italie (-10 pts). Et l'aggravation de la conjoncture, qui réduit l'appétit des consommateurs et augmente le taux de défaut, n'augure rien de bon pour 2009.