Le président de la Réserve fédérale des Etats-Unis, Ben Bernanke, a affirmé mercredi 3 juin au Congrès que l'Etat ne pourrait "pas emprunter indéfiniment" au rythme actuel pour financer le déficit public, et appelé la classe politique à s'attaquer aux sources de ce déficit. Dans ses remarques préliminaires avant son audition par la commission du Budget de la Chambre des représentants, Ben Bernanke a rappelé le niveau élevé des engagements financiers de l'Etat fédéral.
"Une attention expresse aux questions qui touchent le caractère soutenable à long terme du budget est particulièrement cruciale, à cause des difficultés budgétaires et économiques qui vont de pair avec le départ à la retraite de la génération du 'baby-boom' et la hausse durable des coûts médicaux", a-t-il déclaré.
Point bas cette année
"Avec un ratio de dette par rapport au PIB (produit intérieur brut, ndlr) déjà élevé, nous ne pourrons pas continuer à emprunter indéfiniment pour satisfaire ces demandes", a-t-il souligné. Ben Bernanke a par ailleurs livré aux parlementaires le dernier état des prévisions économiques de la banque centrale. "Nous continuons à prévoir que l'activité économique connaisse son point bas, puis reparte à la hausse, dans le courant de cette année", a-t-il rappelé. Mais, selon lui, "même une fois une reprise apparue, le taux de croissance de l'activité économique réelle devrait rester sous son potentiel de long terme pendant un moment".
Progrès considérables
Le dirigeant de la Fed a aussi commenté les mesures entreprises par les banques du pays pour redresser leurs finances, après la publication début mai des résultats des "tests de résistance" auxquelles elles avaient été soumises. "Les progrès considérables que ces groupes ont faits pour satisfaire les exigences en matière de réserves de capitaux et leur réussite dans la levée de capitaux privés, montre que les investisseurs sont en train de retrouver une plus grande confiance dans le système bancaire", a-t-il relevé.
Inflation
Ben Bernanke a enfin affirmé qu'il y avait peu de signes laissant penser que l'inflation pourrait reprendre. "Si on regarde autour de soi, et que l'on cherche des signes d'inflation ou d'attentes d'inflation, on n'en trouvera pas beaucoup", a-t-il déclaré devant la Commission du budget de la Chambre des représentants. "Ce que nous pouvons dire de mieux, avec toutes les incertitudes attachées à la prévision, c'est que nous ne voyons pas de risque d'inflation à court terme", a-t-il ajouté.



















