Ce n'est pas le record de Madoff, mais c'est une bien nouvelle fraude. Le gendarme boursier américain, la SEC, a formellement accusé de fraude mercredi 21 janvier un gestionnaire de fonds de Sarasota en Floride (sud-est), recherché par le FBI après avoir disparu il y a une semaine, et soupçonné d'avoir escroqué ses clients. La SEC "accuse Arthur Nadel de fraude (...) en relation avec six fonds spéculatifs dont il était le principal conseiller", souligne-t-elle dans un communiqué.
Arthur Nadel, 76 ans, qui a disparu depuis le 14 janvier, a fourni des informations mensongères aux investisseurs concernant l'historique du rendement de ces fonds et surestimé volontairement de quelque 300 millions de dollars la valeur des investissements dans ces fonds. Les actifs globaux de ces fonds atteignent en fait moins d'un million de dollars, selon la plainte de la SEC. Le régulateur relève également que Nadel a transféré récemment au moins 1,25 million de dollars provenant de deux de ces fonds sur un compte secret.
La SEC soupçonne aussi deux entités avec lesquelles Arthur Nadel était associé, Scoop Capital LLC et Scoop Management Inc, d'avoir prodigué des conseils d'investissement à tous ces fonds et d'être impliquées dans la fraude. Le régulateur boursier a obtenu de la justice de Floride le gel des avoirs des accusés et désigné un administrateur. Sans reconnaître ni nier les accusations, Scoop Capital LLC et Scoop Management Inc ont accepté la décision judiciaire, précise la SEC qui poursuit son enquête.
Avant de disparaître, Arthur Nadel avait laissé une lettre à sa famille expliquant qu'il allait se suicider après avoir fait perdre des millions de dollars à ses clients, selon un document cité par le journal local, Sarasota Herald Tribune. Les enquêteurs craignent de voir l'affaire Nadel se transformer en un "mini-Madoff", en référence au financier américain Bernard Madoff, soupçonné d'être à l'origine d'une gigantesque fraude de 50 milliards de dollars.
La SEC, accusée de ne pas avoir rempli son rôle de gendarme dans cette affaire, s'est engagée début janvier à faire la lumière sur les dysfonctionnements qui l'ont empêchée de mettre fin à la fraude de Madoff.






















