Le président américain Barack Obama a dit lundi 16 mars vouloir employer tous les moyens légaux pour empêcher le géant de l'assurance AIG, sauvé de la faillite par l'Etat, de verser des centaines de millions de dollars de primes à des responsables. Dans des déclarations à la Maison Blanche, M. Obama a déclaré que le secteur était en état de "détresse financière à cause de comportements inconsidérés et de l'appât du gain". "Dans ces conditions, il est difficile de comprendre comment des traders de produits dérivés chez AIG ont pu mériter de quelconques primes, a fortiori 165 millions" en rémunérations supplémentaires, a-t-il dit.

"Au cours des six derniers mois, AIG a reçu du Trésor des sommes importantes. J'ai demandé au secrétaire (au Trésor Tim) Geithner de se servir de ce moyen de pression et d'employer tous les moyens légaux pour bloquer ces primes et veiller au bon usage de l'argent du contribuable américain", a-t-il dit.

La révélation au cours du week-end qu'AIG se disposait à verser de telles primes fait scandale aux Etats-Unis. Depuis 2008, AIG a fait l'objet de quatre plans de sauvetage successifs, entraînant la mobilisation de plus de 170 milliards de dollars de fonds publics. Le groupe a enregistré des pertes inouïes de 99,3 milliards au titre de l'année écoulée.

Les autorités américaines avaient défendu leur choix de sauver le groupe par le fait que sa faillite pourrait avoir des conséquences en cascade sur le reste de la finance mondiale. Le groupe avait en effet souscrit des milliers de milliards de dollars de contrats assurant le bon remboursement d'emprunts à risques. Quand le secteur immobilier s'est enfoncé dans la crise et que ces emprunts ont perdu leur valeur, ceux qui avaient souscrit un contrat auprès d'AIG se sont retournés vers lui, confrontant l'assureur à une dette insurmontable. L'utilisation de l'argent octroyé par les autorités publiques a été détaillée lundi 16 mars par AIG.