La hausse des taux du crédit immobilier a bien les conséquences attendues. Selon une étude de la société de courtage Empruntis, dorénavant, un ménage sur cinq, qui pouvait contracter un emprunt immobilier en janvier 2007, ne le peut plus aujourd'hui. "Le crédit immobilier n'est plus disponible que pour une catégorie privilégiée de la population", en a déduit Geoffroy Bragadir, le fondateur d'Empruntis, lors de la présentation de cette étude.

Concrètement, les taux d'intérêt ont atteint 5,30% en moyenne pour les crédits immobiliers à 15 ans contre 3,5% en octobre 2005, selon Empruntis. Dans ce nouveau cadre, un acquéreur visant un bien de 150.000 euros doit gagner au minimum 2.770 euros net par mois pour obtenir un prêt sur 25 ans à 5,55%, sans apport personnel. Avec un apport de 20% (30.000 euros), il faut gagner au minimum 2.220 euros pour avoir accès à ce type de prêt.

Pour un bien de 350.000 euros, le salaire doit être de 6.480 euros sans apport personnel, et de 5.180 euros avec un apport de 20% (70.000 euros).

Donc, "le revenu médian, 2.263 euros, ne permet pas dans les conditions actuelles d'acquérir un bien de 150.000 euros, et même si l'acquéreur a 20% d'apport", ajoute l'étude qui analyse notamment les conséquences du renchérissement du crédit sur le marché de l'immobilier.

Aujourd'hui, les ménages ne doivent pas espérer un assouplissement de ces taux, qui "resteront stables tant que la situation financière n'est pas stabilisée". D'ailleurs, les banques commencent à "durcir" les conditions d'octroi de crédit, comme le taux d'endettement de l'emprunteur ou la durée d'emprunt.

Cependant, Geoffroy Bragadir a donné une lueur d'espoir aux futurs acquéreurs en relevant la baisse des prix de l'immobilier à venir. Elle devrait atteindre 5% en 2008 et 9% à 14% en 2009, selon le courtier. Une lueur d'espoir si l'acheteur d'une maison ou d'un appartement n'en a pas une autre à vendre avant…