Google continue de gagner beaucoup d'argent malgré la crise mondiale. Au deuxième trimestre 2009, le bénéfice net du groupe Internet a atteint 1,48 milliard de dollars en hausse de 19% par rapport à la même période en 2008. Mais entre le premier et le deuxième trimestre 2009, la progression reste beaucoup plus modeste. Le bénéfice progresse de 4,2% de 1,42 à 1,48 milliard de dollars, ce qui atteste que le groupe pâtit bel et bien de la crise, en faisant juste un peu mieux que le début de l'année.

Investisseurs déçus

Même si ces résultats dépassaient le consensus des analystes, avec un bénéfice par action hors éléments exceptionnels à 5,36 dollars (au lieu de 5,06 attendu), les investisseurs ont fait la moue. Le titre perdait 3,16% à 428,61 dollars dans les échanges électroniques suivant la clôture de la Bourse. "Google est gagnant, mais pas suffisamment", soulignait l'analyste Jon Ogg sur le site 247 WallSt.com, faisant état de rumeurs optimistes qui avaient poussé le titre à la hausse ces derniers jours.

La direction n'a d'ailleurs pas fait de triomphalisme, faisant état de "bons résultats", sans plus, "dans une économie en voie de stabilisation, mais difficile". Le groupe a réussi à accroître ses recettes alors que la plupart des grandes économies du monde se sont contractées", a souligné le directeur général Eric Schmidt.

Google, qui a fait état d'une reprise des recherches liées aux achats et au voyage - mais pas à la finance - est resté prudent pour l'avenir. "Le troisième trimestre tend à souffrir des variations saisonnières", a souligné le directeur financier Patrick Pichette.

Alors que divers groupes internet ont multiplié les innovations pour améliorer leurs moteurs de recherche, et particulièrement Microsoft qui a gagné un succès d'estime avec son nouveau produit Bing lancé en juin, Google a souligné qu'il n'entendait pas baisser la garde pour préserver sa part de marché dominante. En juin, il détenait encore 65% du marché, contre 19,6% pour Yahoo! et 8,4% pour Microsoft, d'après le cabinet comScore.

Chrome OS

"Les (internautes) nous posent des questions de plus en plus complexes", a noté M. Schmidt lors d'une conférence d'analystes, et "maintenant les gens sont furieux quand ils ne trouvent pas ce qu'ils cherchent", ce qui oblige Google à sans cesse affiner son site. Mais M. Schmidt a aussi vanté les nouvelles initiatives du groupe, et notamment le lancement prochain d'un nouveau système d'exploitation, Chrome OS, qui ambitionne de concurrencer l'hyper-dominant Windows de Microsoft dès l'an prochain. C'est "au coeur de la stratégie de Google", a-t-il dit.

Alors que l'arrivée de Chrome OS a suscité des interrogations chez les experts et les analystes, M. Schmidt a expliqué: "nous faisons des choses qui sont stratégiques parce qu'elles conduisent les gens à passer plus de temps sur internet" - et non dans l'objectif que chaque projet soit "profitable" en soi. L'idée est "d'améliorer l'internet pour que les gens passent de plus en plus de temps en ligne" - et que la publicité y soit de plus en plus incontournable.