Le Premier ministre français François Fillon a souligné lundi, en marge d'un déplacement dans le Nord, qu'il était "très difficile" de "reconstruire de l'emploi" sans une croissance entre 2 et 2,5%, alors que les chiffres du chômage pour septembre étaient attendus en début de soirée.

La croissance de la France devrait être comprise entre 0,75 et 1% en 2010 selon le sprévisions du gouvernement. De nombreux postes, détruits en 2008 et 2009 risquent donc de l'être définitivement. Selon les économistes, la France ne parvient à créer de l'emploi que lorsque sa croissance s'établit entre 2 à 2,5%.

"Nous sortons progressivement de la tempête mais pour moi la fin de la crise n'aura vraiment sonné que lorsque le chômage aura recommencé à diminuer", a répété M. Fillon, rappelant qu'en un an, 500.000 personnes se sont retrouvées au chômage.

Outre une bataille "pour retrouver de la croissance" en "investissant dans les secteurs d'avenir", le Premier ministre a également inscrit comme autre grande priorité l'aide aux "salariés qui sont frappés par le chômage en les aidant à se former".

C'était l'objet de son déplacement à Hem où il a visité le centre logistique de vente à distance de l'entreprise textile Damart. Dans le Nord-Pas-de-Calais, ce secteur qui représente 12.235 emplois, soit 47% du total en France, est particulièrement touché par la crise économique.

Des entreprises de la région ont ainsi eu recours au fonds d'investissement social (Fiso) créé en février sur proposition des syndicats et doté de 2 milliards d'euros cette année. Il devrait au total concerner sur trois ans 5.500 salariés qui bénéficieront d'une formation.

Selon une salariée travaillant chez Damart depuis 25 ans et interrogée par l'AFP, le maintien à flots de la société s'est fait au prix d'une "détérioration" des conditions de travail notamment par "une forte augmentation des cadences".

Par ailleurs, M. Fillon a redit qu'il n'y aurait pas d'augmentation des impôts. "Certains en voyant la reprise s'esquisser demandent que l'on augmente les impôts (...) Augmenter les impôts serait absurde et contreproductif", a-t-il dit, soulignant que "les hauts revenus sont déjà parmi les plus imposés d'Europe".

Il s'est félicité que l'imposition locale des entreprises baisse de 23% avec la suppression de la taxe professionnelle qui profitera notamment, selon lui, à l'emploi industriel.