Le conseil d'administration d'Accor a approuvé mardi, à l'unanimité moins une voix, le projet de scission des deux métiers du groupe -l'hôtellerie et les services-, opération très attendue par les marchés mais redoutée par les salariés, selon un communiqué du groupe.
Le projet de séparer les branches services et hôtellerie d'Accor a été approuvé mardi par 11 voix pour et une contre, celle du Fonds stratégique d'investissement (FSI, 7,4% du capital). Absent du CA, Thomas Barrack (DG Fondateur de Colony Capital, un des principaux actionnaires) avait donné un pouvoir en faveur du projet.
Pour être mis en oeuvre, il devra désormais être soumis au vote des actionnaires lors d'une assemblée générale devant se tenir avant fin 2010 et recueillir l'aval des deux tiers des actionnaires présents.
L'actuel PDG d'Accor, Gilles Pélisson, a indiqué mardi qu'en cas d'approbation définitive de la scission des deux métiers du groupe, il prendrait la tête de l'entité hôtellerie. Accor annonce par ailleurs la nomination de Jacques Stern, actuel directeur général en charge des finances, au poste de directeur général délégué de Accor, en charge de Accor Services et des Finances.
Absence de synergies
Evoquée depuis quelques années, la séparation des activités pour créer deux entités cotées en Bourse avait longtemps été rejetée par la direction, qui jugeait alors nécessaire de les conserver dans une même structure pour amortir les aléas conjoncturels.
Mais l'absence de synergies entre les deux branches, qui s'est traduite par une sous-cotation du titre en Bourse, a progressivement amené la direction à reconsidérer la question. La scission est portée par les principaux actionnaires qui entendent valoriser au mieux les métiers: le fonds américain Colony Capital et la société d'investissement Eurazeo qui détiennent ensemble près de 30% du capital et 4 voix au conseil.
"Une séparation instaurerait une dynamique nouvelle, solide et pérenne pour chaque entité leader mondial dans son domaine", a commenté le PDG Gilles Pélisson, cité dans le communiqué. "Cette séparation constituerait également un accélérateur de développement pour l’hôtellerie comme pour les services prépayés, offrant ainsi aux collaborateurs deux nouvelles aventures humaines porteuses d’un bel avenir", a-t-il ajouté.
En revanche, le FSI, détenu majoritairement par la Caisse des dépôts, juge l'opération "risquée" et défend un modèle industriel face à une logique d'investisseurs. De leur côté, les salariés redoutent les conséquences sociales.
Iliane Dumas, élue syndicale FO a souligné que les salariés s'inquiètent de la montée en puissance de la stratégie de développement des hôtels en franchise et sans être propriétaire des murs. Mais "Gilles Pélisson nous a assuré une nouvelle fois aujourd'hui qu'il intègrerait la dimension humaine et sociale au coeur des projets de l'hôtellerie et des services", a-t-elle relevé.

















