Le projet de budget des aides à la presse pour 2009 a été présenté fin septembre par la ministre de la Culture et de la Communication. Il s'élève à 284,5 millions en autorisations d’engagement contre 288 millions en 2008. Panorama de ces aides.
En France, les aides à la presse sont nombreuses et variées. Les aides directes (sommes budgétaires versé directement aux différents acteurs du secteur) sont, dans leur très grande majorité, réservées à la presse quotidienne d'information politique et générale (IPG).
Les aides indirectes bénéficient à l'ensemble de la presse, quotidienne et magazine, créant un cadre économique plus avantageux. L'ensemble de la presse profite ainsi d'un taux de TVA super-réduit (2,1 %) et de tarifs postaux préférentiels, même si, année après année, les prix augmentent pour les éditeurs.
L'aide au transport postal
L'Etat, La Poste et la presse ont en effet signé, le 23 juillet 2008 un protocole d'accord définissant le futur cadre des relations entre la presse et La Poste pour le transport et la distribution de la presse jusqu’en 2015. Il prévoit, tout en maintenant la mission de service public de l'opérateur postal, des tarifs différenciés pour la presse d’information politique et générale, celle qui contribue à la vitalité du débat démocratique. En contrepartie du déficit de 500 millions d'euros supporté par La Poste dans son activité de transport de la presse, l’Etat s'est engagé, de 2009 à 2011 inclus, à verser à l'opérateur postal une contribution annuelle de 242 millions d'euros.
L'aide au portage
La Poste l'affirme elle-même : elle est incapable de livrer les quotidiens à leurs abonnés à des heures très matinales. Pour pallier cette insuffisance, elle développe donc une activité de portage des journaux à domicile. Les quotidiens régionaux ont d'ailleurs souvent développé leur propre activité de portage dans différentes villes de province. Cette activité est aidée par l'Etat, à hauteur de 8,25 millions d'euros pour 2009, comme en 2008. Le développement du portage pour améliorer la distribution de la presse quotidienne sera donc l'un des enjeux des Etats généraux (www.etatsgenerauxdelapresseecrite.fr). "Dans l’attente des préconisations issues des réflexions menées dans le cadre des Etats généraux de la presse, le développement du portage demeure un axe fort du soutien à la diffusion", a indiqué le ministère de la Culture lors de la présentation du projet de budget pour 2009.
L'aide à la distribution des quotidiens d'information politique et générale
L'acheminement des quotidiens en France vers les points de vente, uniquement assurée par les NMPP (Nouvelles messageries de la presse parisienne), est déficitaire. L'Etat a créé cette aide pour compenser ce déficit. Elle est attribuée à chaque quotidien et rétrocédée aux NMPP. Pendant la durée du plan de modernisation des NMPP devant conduire à une meilleure efficacité (Défi 2010 qui durera jusqu'en 2012), l'aide sera maintenue à hauteur de 12 millions d'euros.
L'aide au transport par la SNCF
Créée en 1948, l’aide au transport de la presse par la SNCF prend la forme d’une subvention versée annuellement par l’État à la SNCF, en compensation des réductions de tarif qu’elle accorde aux sociétés de messageries et aux entreprises de presse qui lui confient leurs exemplaires. La convention signée entre l'État et la SNCF depuis 2005 maintient le format global de l’aide tout en la recentrant sur l'acheminement des quotidiens d’information politique et générale dans le cadre d’un plan de transport annuel. En 2009, la participation de l’État s’élèvera, tout comme en 2008, à 5,8 millions d'euros.
Les abonnements de l'Etat à l'AFP
Sont inclus dans les aides de l'Etat à la presse les abonnements des services gouvernementaux à l'Agence France-Presse (AFP). Dans le projet de loi de finances pour 2009, seuls les abonnements à l'AFP augmentent passant de 109,4 millions d'euros en 2008 à 111,4 millions en 2009. En contrepartie de cet effort financier, l’AFP s’est engagée à accroître ses recettes commerciales notamment sur deux marchés stratégiques : le multimédia et les zones géographiques à fort potentiel de croissance.
L'aide à la modernisation sociale de la fabrication de la presse quotidienne
Instaurée en 2005, cette aide a pour but de financer partiellement les réductions d'effectifs dans les imprimeries de la presse nationale et de la presse régionale. Elle sera de 24,7 millions en 2009 contre 30 millions en 2008.
Le fonds d'aide à l'expansion de la presse française à l’étranger
Afin d’encourager la diffusion dans le monde de la presse française un fonds d’aide à l’expansion de la presse française à l’étranger permet d’une part, d’alléger le coût du transport à l’étranger des titres d’information politique et générale depuis 2008, et d’autre part, d’encourager les efforts de prospection et de promotion commerciales engagés par les éditeurs dans les zones prioritaires. La dotation du fonds est stable pour 2009 : 2 millions d'euros.
L’aide aux quotidiens nationaux d’information politique et générale à faibles ressources publicitaires
Elle vise à soutenir des titres d’opinion qu’un accès nécessairement limité au marché de la publicité rend économiquement vulnérables. En bénéficient notamment "L'Humanité" ou encore "La Croix". Elle sera dotée en 2009 de 7,15 millions, comme en 2008.
L’aide aux quotidiens d’information politique et générale à diffusion régionale, départementale ou locale à faibles ressources de petites annonces
Elle soutient, comme son nom l'indique, les quotidiens d’information politique et générale régionale, départementale ou locale ayant très peu de ressources publicitaires et de petites annonces. La dotation de cette aide sera maintenue en 2009 à son niveau de 2008, soit 1,4 millions.
L'aide à la presse hebdomadaire régionale d’information politique et générale
Elle est destinée à favoriser la diffusion au numéro de cette forme de presse, qui joue un rôle important d’information de proximité et d’animation du débat local, selon le gouvernement. Les crédits dédiés à ce dispositif s’élèveront en 2009, comme en 2008, à 1,4 millions.
L’aide au développement des services en ligne des entreprises de presse
Elle a pour objet de soutenir les projets des entreprises de presse visant à offrir au public un accès attractif et actualisé aux contenus rédactionnels de leurs publications sur support numérique. Le fonds d’aide au développement des services en ligne des entreprises de presse a été créé en 2004 pour prendre le relais du fonds "presse et multimédia" mis en place en 1997. Compte tenu des besoins prévisionnels à couvrir, la dotation sera reconduite en 2009 au niveau de 2008, soit 500.000 euros.
L’aide à la modernisation de la presse quotidienne et assimilée d'information politique et générale
Créé en 1998, le fonds d’aide à la modernisation de la presse quotidienne et assimilée d’information politique et générale permet d’accorder des subventions et des avances remboursables aux entreprises et agences de presse pour la réalisation de projets de modernisation. Compte tenu des besoins de modernisation du secteur, l’enveloppe globale consacrée à cette aide a été maintenue cette année à 25 millions, dont 22 millions seront spécifiquement dédiés aux projets de modernisation présentés, à titre individuel ou collectif, par les entreprises de presse. Le solde sera consacré aux actions en faveur du lectorat des jeunes.
Développement du lectorat des jeunes
Devant la désaffection réelle du jeune lectorat pour la presse écrite traditionnelle, au profit des autres médias et, plus récemment, de la presse gratuite, les pouvoirs publics se sont engagés depuis 2005 dans une démarche de soutien au développement du lectorat des jeunes, en débloquant à cette fin des crédits. En 2009, une enveloppe de 3 millions sera consacrée à cette politique.
Les crédits correspondants seront mobilisés dans le cadre du fonds d'aide à la modernisation de la presse quotidienne, s’ajoutant ainsi aux 22 millions par ailleurs dédiés aux projets de modernisation des entreprises de presse.
L’aide à la modernisation du réseau des diffuseurs de presse
L'une des difficultés majeures de la presse est le manque de points de vente, ce que l'on appelle, dans le jargon de la presse, la capillarité du réseau de diffuseurs. En d'autres termes, les vendeurs de presse ne sont pas assez nombreux et mal outillés, d'où l'idée d'aider à leur modernisation. L'aide porte notamment sur l’informatisation des points de vente, et sur la rénovation du mobilier professionnel, avec l’acquisition de linéaires permettant d’augmenter la surface d’exposition et ainsi d’améliorer la visibilité et l’attractivité des titres de presse présentés à la clientèle, avec, en outre, un impact positif sur les conditions de travail. En 2009, comme en 2008, les crédits dédiés à cette aide atteindront 2 millions d'euros.
















