Après la panne de 40 minutes de Google samedi, les générateurs de trafic indépendants reviennent sur le devant de la scène et se posent en alternative. C'est une tendance qui émerge depuis 18 mois.

Objectif: contrer le monopole du géant de Mountain View (Californie). Tous les sites le diront: il faut être "google friendly" pour être visible, apparaître en tête de la première page de résultats Google. Pour y parvenir, il faut connaître les méthodes (tenues à dessein largement secrètes) qu'utilise Google pour bien référencer les sites. Il est également utile d'acheter des mots clés -aux enchères- à Google pour accroître la visibilité de son site. Autant de stratégies qui ont un coût. Pour des sites en création, "le retour sur investissement est difficile avec Google", explique Patrick Robin, fondateur de 24 heures, un générateur de trafic pour les marques de mode.

L'alternative: lancer un générateur de trafic concurrent. Une stratégie qui fait sens pour les secteurs comme les voyages, ou la mode. Patrick Robin vient de lever 6,5 millions d'euros à cet effet. "Nous allons développer notre trafic à travers des acquisitions, nous disposons de 2 millions d'euros pour cela, et la communication de notre site auquel nous allons consacrer un million d'euros cette année", explique le fondateur de 24 heures. Se proposer en alternative au géant californien, cela peut marcher. La preuve: créé fin 2006, avec 3 millions de visiteurs, 24heures a atteint l'équilibre en octobre 2008 et sera bénéficiaire sur 2009.

Evidemment, c'est un peu David contre Goliath, sachant que 90% des internautes passent par Google pour aller sur des sites de e-commerce. Néanmoins, un générateur de trafic indépendant permet d'éviter les mauvaises surprises. Comme celle de samedi 31 janvier où Google a "buggé" entre 15h30 et 16h10 heure de Paris. Le moteur de recherche s'est mis à dénoncer tous les sites de la planète comme potentiellement dangereux. Une erreur humaine qui n'est pas passée inaperçue. Le moteur de recherche revendique 4,3 milliards de pages vues dans le monde par jour (chiffres à la mi-2008). En 40 minutes, environ 119 millions de pages Google auraient donc affiché le message erroné. Rapide calcul. Chacune comportant dix résultats de recherche -sans compter les liens sponsorisés, plus d'un milliard de pages vues ont été par erreur pointées du doigt par le moteur. Pendant ce temps là, les acheteurs de mots-clés ont été lésés de leur investissement. Seront-ils remboursés?

Pour rueducommerce.com, la perte de fréquentation pendant la panne est comprise entre 15 et 20%. "Nous multiplions les canaux marketing, mais Google reste incontournable. Le premier site référencé dans Google est assuré d'avoir la plus forte audience", souligne Yannick Simon, directeur général adjoint de rueducommerce.com. Pour 24 heures, le bug a été indolore: "nos clients viennent directement sur notre site, via les alertes mails et nos newsletter". 24 heures n'a plus besoin de Google.