La panne de Google a entraîné un manque à gagner certain pour les sites de e-commerce. Olivier Bronner, président de l'agence conseil en stratégie digitale Plan.Net, revient sur les conséquences du bug mondial du premier moteur de recherche.
Quelle a été l'ampleur du bug?
Google représente 94% du marché de la recherche en France, soit près de 10 milliards de requêtes par an. Le dysfonctionnement de samedi, qui a duré à peine une heure, a donc touché deux millions de recherches en France.
Qui a été le plus touché par le bug de samedi?
Les sites web ont été les plus à plaindre, surtout les e-commerçants. Très dépendants de Google, ils ont subi une baisse de leur fréquentation et de leur chiffre d'affaires. C'est comme si 94% des centres commerciaux en France affichaient à l'entrée: "Attention, alerte toxique, entrez à vos risques et périls".
Pour ne rien arranger, le bug est survenu un samedi et à une heure où les sites de e-commerce enregistrent de fortes fréquentations. De nombreux internautes surfent à ce moment-là pour trouver des idées avant leur shopping de l'après-midi. Et d'autres tentent d'acheter sur internet ce qu'ils n'ont pas trouvé dans les magasins le matin.
Quelles leçons peuvent être tirées de cet incident?
Je suis très inquiet d'entendre de la part de Google qu'un tel incident résulte d'une erreur humaine. Cela signifie que ses procédures de contrôle ne sont pas infaillibles. C'est grave pour un tel géant.
Cela va probablement inciter les annonceurs, sites d'e-commerce et autres, à être plus prudents et à réduire leur dépendance à Google. Ce dernier engloutit deux tiers des budgets marketing des sites de lignes de crédit en ligne et d'informatiques, par exemple.
Existe-t-il aujourd'hui une alternative à Google?
Il n'y a pas de stratégie alternative à Google, seulement des stratégies complémentaires: un site web ne peut pas se passer du premier moteur de recherche au monde. Mais il peut rééquilibrer ses investissements pour diversifier ses sources de trafic. Une entreprise web peut ainsi développer la notoriété de sa marque, investir sur son nom et développer la fidélisation de ses clients afin que les internautes viennent directement sur son site.
Il existe aussi des solutions techniques pour réduire sa "Google-dépendance". Un site peut diffuser son catalogue sur des sites partenaires (l'affiliation), développer des partenariats ou encore lancer des campagnes d'e-mailing ciblées.
















