Cinq ans et 150 millions d'utilisateurs. Sans nul doute Facebook est un phénomène social. Mais la réussite économique n'est pas au rendez-vous. Le site n'est pas encore parvenu à construire un business model rentable. Chaque mois, Facebook doit payer un million de dollars de facture d'électricité, un bon demi-million de dollars par mois pour payer la bande passante nécessaire à la mise en ligne des photos et informations, et rémunérer les 700 à 800 personnes pour gérer l'ensemble depuis Palo Alto en Californie et ailleurs dans le monde. Le prix de tout cela: entre 200 et 300 millions de dollars par an, d'après les estimations. Puisque l'entreprise n'est pas cotée elle ne donne pas d'information sur ses comptes.
Facebook a été créé en février 2004 par Mark Zuckerberg, alors âgé de 19 ans, et deux autres étudiants de la prestigieuse université d'Havard, qui, depuis leur chambre d'étudiants, cherchaient à créer un réseau pour rester en contact avec leurs camarades. Cinq ans plus tard, Facebook, basé à Palo Alto (Californie, ouest) compte 800 employés et est devenu le site de socialisation le plus fréquenté, devançant son principal concurrent MySpace, avec une audience en augmentation de 127% sur 2008, selon le cabinet spécialisé comScore. "Facebook a été fondé en 2004 pour donner aux gens des outils pour être en contact et comprendre le monde autour d'eux", écrit Zuckerberg dans un message posté sur le blog de Facebook. "Nous sommes heureux et comblés de voir qu'autant de personnes utilisent Facebook".
Pour marquer le coup, un cadeau d'anniversaire virtuel spécial a été créé, que les utilisateurs sont invités à envoyer à leurs amis en ligne. Baptisé "Merci", ce cadeau est censé célébrer les "liens" unissant les utilisateurs, selon Mark Zuckerberg. Selon le magazine Forbes, la fortune personnelle du jeune homme, aujourd'hui âgé de 24 ans, s'élève à 1,5 milliard de dollars. Construire et évoluer rapidement pendant les cinq dernières années n'a pas été facile, mais nous n'avons pas fini, ajoute-t-il. Les défis qui nous attendent doivent nous pousser à toujours innover et à repousser les frontières technologiques".
Devenir rentable, c'est en tous cas l'un de défis auquel devra s'atteler Facebook: contrairement aux autres géants d'internet comme Yahoo! ou Google, le site n'a pas encore trouvé comment transformer en argent sa formidable audience. Certes, les annonceurs peuvent mettre des encarts publicitaires sur le site, en fonction du sexe, de l'âge ou du lieu de résidence, précisés par les internautes. Cependant, Facebook n'a pas droit de vendre les données personnelles des utilisateurs aux annonceurs. Cela attenterait à leur vie privée.
Pour contourner cet obstacle, Facebook expérimente un nouveau type d'annonces : les sondages publicitaires. Le principe est simple, les entreprises peuvent poster un sondage, à l'intérieur d'un encart publicitaire. Une façon de mieux connaître les goûts des consommateurs, tout en attirant l'attention sur leurs produits. Facebook a été testé pour la première fois ce concept lors de la finale du Super Bowl. Le site de recherche Carrierbuilder.com a pu demander aux internautes de Facebook quelle équipe sortirait victorieuse. CarrierBuilder.com pourrait renouveler l'expérience en demandant aux utilisateurs de Facebook quelle publicité ils préfèreraient pour leur site, selon les informations de 01net.
Invité au forum de Davos, Marc Zuckerberg a également expliqué au bloggeur Robert Scoble qu'il pensait à exploiter l'humeur qu'affichent les utilisateurs de Facebook. Autrement dit, les annonceurs pourraient savoir si les internautes se disent d'humeur joyeuse ou morose. Les vendeurs de champagne auraient ainsi la possibilité de ne faire de la pub qu'auprès des personnes qui se disent heureuses. Quant aux marchands d'anti-déprésseurs, ils viseraient uniquement les internautes "déprimés". Pour le moment, l'idée n'a pas encore été testée.
Mais Facebook n'a pas d'autres choix que d'explorer toutes les pistes. D'autant que le plan d'introduction en bourse du site annoncé en août 2008 prend du retard, très largement plombé par la crise financère.




















