Les trois premiers mois de l'année sont difficiles pour France Télécom. Touché par la crise économique, l'opérateur historique annonce un repli de 2,6% de son chiffre d'affaires du premier trimestre 2009 et de 7,1% de son excédent brut d'exploitation. Le groupe maintient néanmoins son objectif d'un flux de trésorerie disponible de 8 milliards d'euros cette année.
L'opérateur de télécommunications se félicite dans un communiqué de presse que sa croissance à base comparable "reste, comme annoncé, supérieure à l'évolution moyenne du PIB sur le périmètre d'activité du groupe, estimée en recul de 1,7% sur le trimestre". "Cela montre la résilience de notre activité, l'activité télécoms d'une façon générale", a déclaré le directeur financier Gervais Pellissier dans une conférence téléphonique, soulignant l'avantage de France Télécom par son "positionnement géographique".
"Dans un environnement qui continue à se détériorer, en particulier hors de France, le groupe a vu au premier trimestre le nombre de ses clients progresser et atteindre plus de 183 millions avec une hausse de plus de 9% de ses clients mobiles à près de 123 millions et une hausse de près de 9% de ses services haut débit avec 13 millions de foyers équipés en ADSL", souligne le PDG Didier Lombard, cité dans le communiqué.
Le groupe a adopté ce trimestre une nouvelle norme comptable qui le conduit à présenter ses résultats par zone géographique, ce qui permet de souligner la bonne tenue de l'activité en France: il y a réalisé un chiffre d'affaires de 5,9 milliards, en hausse de 1,9% (+2,1% à base comparable). Et ce, en dépit de la perte de 126.000 clients en France. Ceux qui restent (25,1 millions) sont en effet plus dépensiers (400 euros par an contre 398 euros fin 2008), tandis que les clients des opérateurs virtuels qu'il héberge (1,9 millions, 52.000 de plus en trois mois) lui apportent aussi des revenus.
Sur le fixe, "pour la première fois depuis plusieurs années", les revenus générés par les ventes d'abonnements internet dépassent le manque à gagner dû à la désaffection du public pour la téléphonie traditionnelle. L'opérateur reconnaît par ailleurs que sa part de marché dans l'ADSL a légèrement baissé, à 49,2%. Une évolution attribuée au retour sur le marché, via la Neufbox, de son concurrent Neuf Télécom après sa fusion avec SFR.
L'opérateur souffre plus dans le reste de l'Europe, particulièrement au Royaume-Uni où son chiffre d'affaires, à 1,253 milliard, glisse de 17,1% (-0,6% à base comparable) et en Pologne où les revenus chutent de 24,2% (-4,7% à base comparable) à 960 millions. Des chutes attribuées à des effets de change négatifs avec la livre sterling et le zloty polonais, qui ont affecté l'EBITDA à hauteur de 120 millions d'euros, selon France Télécom.
En Espagne, son chiffre d'affaires baisse de 4,1% (idem à base comparable) à 954 millions. Dans ce pays, le groupe annonce avoir déboursé 1,374 milliard d'euros pour porter la participation dans sa filiale France Telecom Espana de 81,6% à 99,85%. Le groupe rachète ces titres à un groupe de banques -Banco Santander, Caja de Ahorros del Mediterraneo, Credit Suisse et Deutsche Bank.
La zone "reste du monde" réalise un chiffre d'affaires de 2,028 milliard, en hausse de 5,1% (-0,4% à base comparable), le groupe soulignant le "ralentissement significatif" dans les marchés émergents, dont les revenus baissent de 0,5% à base comparable.
Pour 2009, "l'évolution du chiffre d'affaires ne sera pas en amélioration mais restera supérieur à la croissance du PIB", prévoit Gervais Pélissier. France Télécom devrait aussi subir "plus de pression sur sa marge".

















