Les consommateurs vont tout faire pour réduire leur facture en 2009. A en croire une étude de Bain & Company, 50% des clients français envisagent de réduire leur consommation de téléphone fixe et mobile, d'internet ou de télévision. Les services facturés à la consommation, les plus facilement résiliables, seraient les premiers à subir la baisse des dépenses télécoms des ménages, avec 25% d'intention de réduction des dépenses sur ce poste. Internet suit, dans une moindre mesure, avec 15% d'intention d'économies.
Dans le détail, la téléphonie mobile devrait le plus souffrir de ces réductions de budget. Près de 27% des sondés pensent réduire leur consommation de téléchargement de sonnerie, de vidéo et d'internet à la demande. Pire, 26% envisagent de changer de forfait pour souscrire à une offre moins chère. D'autre part, 25% des sondés vont tenter de réduire les appels à partir de leur téléphone fixe.
Cette volonté des Français de couper dans le budget télécommunication est nouvelle. "Le grand public évolue vite", analyse Laurent-Pierre Baculard, de Bain & Company. "Fin 2008, il ne voulait pas réduire ses dépenses de type télécom et loisirs numériques mais trois mois plus tard, il envisageait de le faire. Au cours des 6 prochains mois, l’impact des plans sociaux lancés par les entreprises depuis début 2009 va se matérialiser".
Pour faire face à cette crise, les opérateurs télécoms doivent, conseille Bain & Company, se concentrer sur les clients existants et moins dépenser pour en acquérir de nouveaux. En effet, souligne le cabinet de conseil, ils ont intérêt "à fidéliser et augmenter le portefeuille de dépenses des clients existants" et à "freiner sur l'acquisition de nouveaux clients qui seront relativement moins rentables". Cela pourrait se traduire, par exemple, par une réduction des subventions à l'achat de téléphones portables, une politique qui est coûteuse pour les opérateurs.
Intéressant du point de vue du consommateur, Bain & Company suggère aussi aux acteurs du secteur de développer des offres "spécial crise" "afin de fidéliser les clients les plus fragiles en période de difficulté". Une stratégie sûrement payante à long terme, mais qui devrait faire baisser le revenu moyen par clients. Déjà, France Télécom a enregistré un repli de 2,6% de son chiffre d'affaires au premier trimestre...



















