Non, Microsoft ne veut pas rémunérer les sites d'info pour que ces derniers garantisse l'exclusivité de leur contenu à Bing, son moteur de recherche. "Ce n'est pas du tout dans notre stratégie", a assuré au Financial Times Satya Nadella, vice-président pour les services en ligne.

Le quotidien économique avait révélé en début de semaine dernière que News Corp., le groupe de Rupert Murdoch, et Microsoft avaient débuté des discussions en vue d'un accord d'exclusivité. Cela reviendrait à priver Google de l'accès au contenu des sites du groupe de médias.

"Nous ne cherchons pas, de manière générale, à retirer du contenu à Google", le concurrent de Bing, a ajouté Satya Nadella. Cette stratégie "n'est pas dans l'intérêt de Microsoft sur le long terme". Si Microsoft commence à payer pour référencer en exclusivité du contenu, alors cela pourrait déclencher une guerre entre les moteurs de recherche qui remettrait en cause leur modèle économique et pourrait coûter très cher à tous.

5 mois de hausse

Selon le Financial Times, "même si Microsoft prend ses distances [à propos des négociations avec News Corp.], sa volonté initiale de discuter de stratégies anti-Google avec le groupe de Rupert Murdoch et d'autres éditeurs met en lumière la hâte avec laquelle il tente de gagner des parts de marché".

Microsoft se déclare néanmoins très satisfait de la progression de son moteur de recherche. "Depuis que Google existe, personne à part nous n'est parvenu à gagner des parts de marché durant 5 mois consécutifs", s'est réjoui Satya Nadella.

Depuis le début de la semaine dernière et la révélation des négociations entre News Corp. et Microsoft, Google n'est pas resté les bras croisés. Il a annoncé en début de semaine l'amélioration d'outils à l'usage des sites d'information (First Click Free).

Le patron du géant de la recherche, Eric Schmidt, a même publié une tribune sur le Wall Street Journal (groupe News Corp.) pour se défendre. "Nous avons conscience qu'il est difficile pour les journaux de gagner de l'argent avec leur contenu en ligne", a-t-il reconnu.

L'aide de Google

Il rappelle que son groupe développe des outils pour rendre les articles plus facilement accessibles (Google Fast Flip) et qu'il "reversera une majorité des revenus des publicités attachées aux articles à [ses] partenaires de la presse". Avant de conclure, optimiste: "je ne pense pas qu'Internet signe l'arrêt de mort de l'information. La télévision n'a pas tué la radio. Elle a tout simplement donné naissance à une nouvelle industrie".